BILAN ACTUEL DU SCEPTICISME
physiologie, substituant l'idée de la vie, qui procède de l'intérieur, à l'idée d'une impulsion transitoire, qui procède du dehors. Dans cette forme plus haute de la pensée religieuse, nous n'avons nul besoin de remonter à une période créatrice où le divin Fiat aurait retenti pour la première fois et avant laquelle eût régné l'éteruelte solitude de Dieu, — non plus que de suppo^r des opérations qui dépassent les ressources des méthodes actuelles ou d'iusisler sur des lacunes dans la continuité des êtres, qu'auraient seuls pu remplir des paroxysmes d'omnipotence. Par conséquent, le renversement des preuves qui se tiraient de ces ai^umeuts laisse le théisme sain et sauf. Les sciences modernes ne nous embarrassent même pas d'une idée nouvelle, car l'évolution n'est qu'une croissance; elles soulèvent seulement la question de savoir jusqu'où ce procédé peut être appliqué dans la nature, ce qui évidemment n'est d'aucune importance au point de vue religieux... L'unité du Pouvoir producteur — et c'est là tout ce que peut établir la trame grandissante des découvertes — doit être la bien venue près de tous ceux qui considèrent l'ensemble comme l'œuvre d'une intelligence unique. »
Il ne faut pas, du reste, perdre de vue que le scepticisme n'a point encore entamé la masse de la nation anglaise. Même dans le monde des arts et des lettres, il est probable que la majorité professe une sorte de 'théisme vague, également susceptible de se transformer en foi positiveouen incrédulité raisonnée, suivant la divergence des caractères et la pression des événements. A plus forte raison voit-on les religions posi-
jM,Googlc