‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 34 sur 135 · COKCRÉCATIONS EN VOIE DE TRAN81T10S · texte numérisé non relu

COKCRÉCATIONS EN VOIE DE TRAN81T10S

rence Road, toutes deux de style gothique, avec un heureux choix de vitraux coloriés et une certaine recherche d'ornementation intérieure. Plus heureux que les puseyistes, les unitaires peuvent impunément se passer des fantaisies esthétiques, sans qu'on puisse les accuser de prendre Je chemin de Canossa par la traverse du ritualisme.

Cette extrême autonomie des congrégations a favorisé l'entrée dans l'unitarisme de nombreuses communautés qui appartenaient originairement à d'autres cultes dissidents — preshylériens, baptistes, univepsalistes, indépendants — et qui, soit qu'elles aient graduellement rejeté leurs anciennes confessions de foi, soit qu'elles n'en aient jamais eu, se sout rencontrées avec les descendants des anciens sociniens sur le terrain commim d'un christianisme dépouillé de tout élément dogmatique. D'après M. R. Spears, la moitié des congrégations unitaires seraient d'anciennes congrégations presbytériennes qui auraient passé par l'étape de l'arminiauisme ' . Chez la plupart d'entre elles, là même où elles ont retenu leur ancienne dénomination — comme les « baptistes xmitaires », — la transition est depuis longtemps complète ; chez d'autres on peut encore la prendre sur le fait. Je pourrais citer, comme exemples, à Birmingham, une congrégation originairement évangélique, l'Église du Sauveur, aujourd'hui dirigée par le Rév. Saint-Clair, et, à Londres, la congrégation de Bedford Chapel, qui a pour ministre le Rév. Stepford Brooke, naguère encore

I R. Spe&RS, op. cit., p. 38.

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un des membres les plus distingués de l'Église lai^e ', Des deux côtés, les ministres professent des vues qui les assimilent aux unitaires modérés, et leurs congrégations relèvent incontestablement du christianisme libéral ; cependant elles n'ont pas jusqu'à présent adopté la dénomination d'unitaires, ni pris place dans l'unitarisme.

J'ai un jour assisté à un sermon assez curieux sous ée rapport, dans l'église unitaire de Clarence-Road. Le prédicateur, s'appuyant sur un texte de saint Paul relatif aux dissensions des premiers chrétiens, se livra à une véritable apologie de l'altitude adoptée par les unitaires, quand ils refusent de prendre la foi aux miracles de la Bible et à la divinité du Christ pour un élément essentiel de la religion chrétienne. J'apppîs cependant que l'auteur de ce sermon n'appartenait pas à l'unitarisme ; c'était un ministre de l'Église indépendante. On ajoutait que la première fois où il s'était entendu avec un ministre unitaire pour un de ces échanges de chaire, si fréquents parmi les Églises dissidentes, il avait étonné sa nouvelle congrégation par la hardiesse de son langage, alors que son collègue Surprenait, au contraire, les indépendants par la timidité de son ai^umentation. Sans doute, l'uaitaire avait

' Esprit érudit et dlatlngaé, donâ d'ans filoontloa Bympatbdqne. M. Stepford Brooke a entraîné avec Ini la majeure partie de son aDCienne paroisse, et, fait assez (-are dans les annales de l 'Établissement, 11 a. pu conserver son église, l'importante chapelle de Bedford, qni était la propriété privée du duc de ce nom. M. S. Brooke a, du reste, maintenn en partie les foi-mes da service anglican et, comme il âgnralt depuis longtemps parmi le* prédicatenre les plos avancés de l'Ëglise large, c'est A peina ai on s'apercevrait du changement, n'était le surcroît d'aasnntaoe et même de talent que donnent toujours les situations nettes.

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