‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 35 sur 135 · LES CHRETIENS L[BRES · texte numérisé non relu

LES CHRETIENS L[BRES

cru devoir choisir le plus orthodoxe, et rindépendaot, le plus libéral de ses sermons. Mais il en ressort clairement la difficulté de circonscrire la sphère ecclésiastique du protestantisme libéral, en même temps que de tracer une ligne bien nette entre les éléments les plus rapprochés des différentes Églises qui, en Angleterre, s'échelonnent du ritualisme semi-catholique jusqu'aux dernières limites du ratioaalisme religieux.

Une fraction de l'unitarisme, désireuse de sanctionner le rapprochement des diverses Églises qui ont successivement rejeté leurs anciennes confessions de foi, a proposé de renoncer à l'ancien qualificatif d'unitaire pour y substituer la dénomination plus significative de « Chrétiens libres ». Elle a donc fondé sous ce nom, en 1872, une association religieuse « ouverte « à tous cens qui croient l'homme tenu, non de pos- <c séder la vérité religieuse, mais simplement de la « poursuivre sérieusement, et qui s'en remettent, pour <t réaliser l'amélioration religieuse de la vie humaine, « aux sentiments de piété filiale et de charité frater- (■ nelle, avec ou sans accord défini dans les matières « dethéol(^e doctrinale ».

Un an pins tard, les chréliens libres célébraient solennellement leur premier anniversaire dans le grand temple maçonnique de Queen's street. Parmi les ministres qui participèrent à cette cérémonie religieuse, figuraient, côte à côte avec le 1> Martineau et le pasteur français bien connu, Âthanase Coquerel, un ministre indépendant, le Rév. W. Miall, et un membre du clergé anglican, le Rév. C. K^an Paul.

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Les Free Christiam n'auraient pu mieux affirmer leur prétention d'embrasser toutes les fractions du christianisme dans une Église universelle, fondée, non plus sur ce que Channing appelait « une dégradante conformité de dogmes », mais sur cette communauté de sentiments qui permet de concilier l'indépendance de la pensée individuelle avec les liens de l'association religieuse.

Cependant les chrétiens libres n'ont rallié jusqu'ici à leurs vues qu'un chiffre assez restreint de congrégations unitaires. Ils se heurtent, en effet, et contre les esprits conservateurs qui tiennent à leur dénomination historique, et contre les esprits avancés qui, prenant l'expression d'unitaire au sens de monothéiste, la considèrent comme plus large et plus compréhensive que même celle de chrétiens libres, qui ne peut s'étendre au delà du christianisme.

Les congrégations d'unitaires, de presbytériens, de baptistes généraux, de chrétiens libres, etc., qui constituent les forces de l'unitarisme dans la Grande- Bretagne, sont, d'après Wnitarian Pocket Àlmanac de 1883, au nombre de trois cent soixante-quatorze elles ministres, au nombre de trois cent quatre-vingtdeux. L'unitarisme compte six organes mensuels, une revue assez importante qui paraît tous les deux mois, la lUodeiii Review; un journal pédagogique, Teacker's Notes; enfin trois « magazines » hebdomadaires : le Christian Life, qui représente l'élément conservateur; VlnquireTy qui s'occupe de politique comme de religion, avec des tendances aussi libérales daûs l'une que

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