CHAPITRE V
Congrégationi rationalistes en dehors du christianisme.
Jj'Église tftéiste de LaDgham Hall. — Le R£t. Cti. Toyae; et sa sortie de l'Eglise établie. — Soa recoara & nue liturgie anglicane dépouillée de ttut caractère chrétien. — Son but et ses principes religiem, — Historique de sa congrégatiou. — Conditions et avenir de sa tentative. — La Société des Réformateurs religieux indépendants. — L' « Église libre > de Newman street. — Statuts da la Société. — Causes de boq insuccès. — l^e humanitariens . — Leur culte à Claremont-Hall. —Les a quinze points de la religion de Dieu '. — La philosophie de Pierre Leroux & l'état da culte. — L'i-bumanitarianisme'- dans Castle street. — Comment peut se former une religion nonvella— Le Judafsme réformé. — Origines de ce mouvement tendant à dépouiller le judatame de ses prescriptions ritualiates, hj'giéniques, nationales. — Rejet graduel de la croyance a la révélation directe. — Dernières barrières entre les juifs réformés et les théistea d'origine chrétienne. — L'Agnosticisme idéaliste. — La Société religieuse de South Place.— M. Moncure D. Conway, le successeur de William Fox. — Bases anti-dogmatiques da son organisation religieuse. — Le culte à la chapelle de South Place. — Opinions de M. Conway sur la nature de la religion et sur l'identité de Dieu avec l'idéal bnmaiu. — Ses rapports avec l'extrême gauche de l'uuitarisme. — Mérite littéraire de ses productions. — Parallèle entre les congrégations d^ MM. Conway et Voysey.
Des esprits logiques ont reprocht? aux unitaires de ne pas pousser assez loin leurs tentatives de synthèse religieuse. A les en croire, conserver le nom de chrétien et repousser en même temps l'origine surnaturelle du christianisme, c'est se complaire dans l'équi- Toque et exclure inutilement de la communauté religieuse les jui&, les mabométans, les bouddhistes, les théistes même, qui se refusent à reconnfdlre l'autorité divine ou l'infaillibilité de la Bible. Pourquoi
jM,Googlc
d'ailleurs ériger en dogme des préceptes, même puremeot moraux, une fois qu'on déclare fonder l'association religieuse, non surridentîté des croyances, mais sur la simple couformité du sentiment religieux ? L'élise universelle n'est pas une Église chrétienne libre, mais une ^lise- libre, ouverte à tous ceux qui admettent l'existence de Dieu, et qui éprouvent le besoin de lui rendre hommage en commun.
On connfdt la tentative faite en fi'rance, à la fin du siècle dernier, par la Société des Théophilanthropes, qui avait organisé un culte sur les bases de ce qu'elle appelait les vérités de la religion naturelle, c'est-à-dire sur les principes qu'elle croyait admis par toutes les nations, et capables, en conséquence, de réunir toutes les sectes dans une commune aspiration vers la Divinité. C'est sur un raisonnement analogue que repose, à Londres, une congrégation importante, dirigée par le Rév. Ch. Voysey.
M. Voysey était un clei^yman fort distingué de l'Église anglicane qui, dès son ealrée dans les ordres, s'était fait remarquer par l'extrême indépendance de ses opinions religieuses. La publication d'un recueil intitulé : The Sting and the Stone [ta Fronde et la Pierre], où il mettait en question la divinité du Christ et le dogme du péché originel, excita une telle indignation daus les rangs de l'Église haute et de l'Église basse que VEnglish Church Union et la Churck Association offrirent chacune 500 livres sterling (12,500 francs) pour couvrir les frais d'un procès devant l'autorité compétente. M. Voysey fut privé
jM,Googlc