‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 63 sur 135 · ÉTAT-HAJOR DU TRANSCENDANTALISME · texte numérisé non relu

ÉTAT-HAJOR DU TRANSCENDANTALISME

normal des lois naturelles — d'avoir défiguré, par des exagérations compromettantes , la personnalité de Jésus, « le seul esprit de l'histoire qui ait apprécié la valeur de l'homme » — enfin, d'avoir négligé « l'exploration de l'âme humaine et de ses rapports avec l'Esprit divin ». « 11 est temps, disait-il, que le sourd . murmure de tous les penseurs contre la pauvrette de nos Églises se fasse entendre à travers le sommeil de l'indolence et par-dessus le bruit de la routine... Les prières et même les dogmes de dos Églises sont comme le zodiaque de Dendérah et les monuments historiques des Hindous, absolument isolés de tout ce qui existe dans la vie et les occupations de la nation... Quelles que puissent être les exceptions, c'est la tradition qi;i caractérise la prédication dans notre pays ; celle-ci procède de la mémoire et non de l'âme. »

Le remède, c'était « l'Ame, et puis l'Ame, et encore l'Ame » (first, Soûl, and second. Sont, and evermore. Soûl). « Je cherche le maître, concluait-il, qui verra dans le monde le miroir de l'âme, qui reconnaîtra l'identité de la loi de gravitation avec la loi de la pureté dans le cœur, qui enseignera que le Devoir est un avec la Science, la Beauté et la Joie. » Cet appel fut entendu de tous les esprits que travaillait le ferment idéaliste. Ils eurent bientôt leur centre de propagande, le Transeendentat Club, et leur orçane, The Dial (le Cadran). Au premier rang de la jeune phalange on remarquait un au're mystique, A. B. Alcolt, fervent admirateur de Pylhagore et de Platon, qu'il regardait comme les ancêtres directs de Kant et de toute l'école transcendantaliste; Geoi^e Ripîey et James Freeman Claïke,

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qui avaient été les premiers à porîer dans la chaire les doctrines de l'idéalisme allemand, mais l'un doné d'un tempérament plus réformateur, l'autre plus sou- ' eieux de ménager la tradition ; Samuel Longfellow, qui, sans atteindre à la renommée de son frère, a laissé une collection d'hymnes et de poésies fort estimées de ses compatriotes; Orestus Brownson, ardent propagandiste, mais esprit instable qui, d'abord ministre d'une congrégation presbytérienne, passa au rationalisme, puis à l'universalisme, et qui, non content de poursuivre ses transformations par le transcendantalisme le plus extrême, finit par chercher un asile au sein de l'Église romaine; le neveu du fondateur de l'unitarisme, William Henry Channing, qui se fit au loin un missionnaire du nouvel Ëvangile; le futur colonel d'un régiment nègre dans la guerre de sécession, T. W. Higginson, qui représentait les tendances pratiques du mouvement, comme Samuel Johnson en personnifiait l'individualisme extrême; enfin, C. A. Bartol, Furness, John Weiss, Pierpont, Noyés et surtout Théodore Parker, l'apôtre et le prophète du Transcendantalisme.

Cependant, la fraction conservatrice de l'unitariame avait pris l'alarme, et il se trouva des unitaires pour demander si on devait encore traiter Emerson de chrétien, absolument comme, vingt ans plus tôt, on avait agité, dans le calvinisme, la question de savoir s'ils appartenaient eux-mêmes au chris'ianisme ou « à la religion de Boston* »? Ce fut pis encore lorsqu'on 1841, Théodore Parker prononça, à une cérémonie

' w. c. Gannett, op. cit., p. 55.

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