‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les anglais, les americains et lesChapitre 75 sur 135 · LIBÉRALISATION DES SECTES ORTHODOXES · texte numérisé non relu

LIBÉRALISATION DES SECTES ORTHODOXES

i88â), sur le Progrès des idées dam l'Église, il développe cette triple thèse que l'activité rel^ieuse, loin de se ralentir, se développe tous les jours en Amérique, comme on peut en juger par la multiplication des églises nouvelles, — que cette activité embrasse « un monde d'influences inconnues des puritains », — enfin que les lignes de démarcation enire les sectes chrétiennes s'abaissent de toute part; — puis il s'attaque directement à « la théologie du moyen âge m, particulièrement aux dogmes de la chute e( de la prédestination, qu'il traite de la sorte : « La génération actuelle peut se rappeler l'époque où ces hideuses doctrines étaient laidement et vigoureusement prêchées. Les esplosioQs d'indignation qu'elles provoqument étaient considérées comme la preuve que le cœur de l'homme était dans un état de révolte contre Dieu. Elles peuveut encore être prêchées, mais en termes apologétiques, et non plus avec le ton d'une souveraineté qui s'impose : elles se défendent plus qu'elles ne s'affirment. En général, elles gisent au fond de la chaire, comme un cadavre dans le sépulcre. »

Les critiques que ce rejet de l'ancienne théologie a provoquées chez certains de ses collègues ont amené M. Beecher à leur offrir sa démission dans l'automne de i88â. Mais l'Association des ministres congrégationalistes de Brooklyn la lui a unanimement refusée par une résolution portant que « l'exposé complet et spontané de ses vues doctrinales établit la convenance du maintien de ses rapports avec cette Association ». Cet incident, qui a fait grand bruit, est non seulement un indice signiScatif du progrès réalisé dans les idées du

jM,Googlc

2S6 RELIGION LIBRE ET RELIGION DE l'éTHIQUE

protestantisme américain, mais il est encore de nature à encourager puissamment l'émancipation des prédicateurs et des congrégations parmi les sectes qui restent nominalement fidèles à l'ortbodoxie.

Il n'est pas jusqu'au catholicisme qui, ne pouvant modifier ses dogmes, ne cherche à se faire valoir avaot tout par ses œuvres, par l'étendue de ses charités, par la valeur de ses écoles et de ses pensionnats, s'associant, au besoin, avec le clergé des églises protestantes afin de poursuivre en commun quelque entreprise de moralisation ou de bienfaisance '.

■ L'Égliie romaine, placée auiËtals-Unia ear un pied d'égalité absolue avec les antres sectes, n'a pu complètement méconnaître les liens d'une confraternité spirituelle supérieure A tontes laa divergencee dogmatiques. Ainsi, noua voyons, dans la biographie d'Ei>Ja Stilea Gannett (page 74}, que, lors d^ ^°^ ordination, en 1830, dans l'église unitaire de Fédéral street, i Boston, la cérémonie religieuse, présidée par Channing, tat honorée de la présence de ministres appartenant aux communions congrégatlonaliate, évangéliqua, épiscopale, baptiste, nniversaliste, presbytérienue et catholique.

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