INTRODUCTION
dois ajouter que c'est aussi une œuvre de prédilection. Quand on est étroitement mêlé dans son pays à la lutte des factions politiques, il y a une certaine jouissance à se transporter dans une atmosphère plus calme et plus saine, où l'on puisse s'exprimer sans les arrière-pensées ni les partis-pris des polémiques électorales et parlementaires Tous les écrivains qui ont embrassé de haut les péripéties du duel entre l'esprit moderne et l'orthodoxie romaine, — MM. Renan, Renouvier, de Laveleye, Castelar, Mariano, etc., — ont fait ressortir les inconvénients, voire les périls qui accompagnent, en matière de religion, toute tentative de détruire sans remplacer. Cette considération, toute grave qu'elle est, ne pourrait m'arrêter, aussi longtemps qu'il s'agit de défendre, contre les prétentions d'une Église quelconque, les conditions essentielles de notre civilisation, l'indépendance du jugement individuel, les droits de la science ou l'exercice des libertés publiques. Mais, si résolu que je sois à persévérer dans cette voie jusqu'au bout, je ne puis, en présence des déceptions et des embarras qu'elle nous réserve, retenir un regard d'envie à l'adresse des peuples, plus fortunés, où des tentatives de reconstruction religieuse marchent de pair avec les progrès de la démolition dogmatique. Aussi puis-je dire que, tout en