INTRODUCTION. XI
m'efforçant d'imprimer à ce travail un caractère impartial et impersonnel, j'y ai mis une grande part de moi-même, peut-être la meilleure.
M. Gladstone a un jour esquissé une carte des courants religieux qui se disputent le monde contemporain ^ Il partageait les esprits en deux catégories, suivant qu'ils admettaient ou non le gouvernement moral de la Providence et les rémunérations de la vie future. Dans le premier de ces groupes prenaient place les partisans de l'infaillibilité papale, les chrétiens qui attribuent à leur Église une institution divine (épiscopaux, vieux catholiques, chrétiens orientaux), les diverses sectes évangéliques, les universalistes, les unitaires, enfin la plupart des théistes. Dans la seconde classe — qualifiée d'école négative — se trouvaient les sceptiques, les athées, les agnostiques, les néo-païens (revived paganism), les sécularistes, les panthéistes et les positivistes.
Cette classification se justifie parfaitement lorsqu'on reste, comme M. Gladstone, à un point de vue philosophique déterminé. Mais, sur le terrain plus général où je me suis placé, ce qui importe, ce n'est pas tant la nature des idées religieuses, c'est
1 The Courses of Religions Thought, by the Right Hoa. W. E. Gladstone, dans la Contemporary Review de juia 1876.