‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les Anglais, les Américains et les HindousChapitre 46 sur 146 · FORMES DU CULTE UNITAIRE · texte numérisé non relu

FORMES DU CULTE UNITAIRE

la mythologie messianique, c'est-à-dire à l'invocation directe du Christ considéré comme messie et comme médiateur. Il explique, dans la préface, que ces idées sont en désaccord avec la tendance croissante de notre époque à laisser de plus en plus le fidèle face à face avec Dieu.

Dans de nombreuses églises unitaires, — soit que les origines presbytériennes de la congrégation y aient maintenu l'antipathie des formulaires, soit que le ministre préfère y recourir à l'improvisation pour exprimer ses sentiments religieux, — il n'y a de réglé que l'ordre et la distribution du service. Ce service, d'ailleurs, se réduit partout à une alternance d'hymnes, de prières et de lectures, avec un sermon vers la fin. Quelques ministres de la nuance avancée, tels que MM. Frank Walters, à Glasgow, et J. Taylor, à Preston, empruntent le texte de leurs lectures, non plus seulement à l'Ancien et au Nouveau Testament, mais à ce que le Rév. Peter Dean nomme « la littérature sacrée de tous les âges et de tous les peuples ». Tantôt les fidèles participent à la récitation des hymnes; tantôt ils les laissent entonner exclusivement par le chœur, ce qui est souvent une amélioration au point de vue musical, mais ce qui ôte beaucoup à la ferveur de la cérémonie. Ici une partie de l'assistance s'agenouille à certains moments; là elle reste debout pendant les prières et les hymnes. Quelques ministres revêtent la robe et le rabat ; d'autres se contentent d'officier en redingote et en cravate blanche. La communion, the Lord' s Supper, se pratique encore dans la majorité des chapelles, non pas.

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bien entendu, avec sa portée sacramentelle, mais à titre de banquet commémoratif et de symbole fraternel. Elle n'est d'ailleurs nullement obligatoire et chacun la prend au sens qu'il lui plaît. Quelques congrégations l'ont formellement supprimée, ou du moins l'ont laissée tomber en désuétude.

Il y a des réunions où le ministre, aussitôt l'office terminé, descend de sa chaire pour se mêler à l'auditoire et abandonner le sujet de son sermon aux commentaires de quiconque veut prendre la parole dnns l'assistance ^ On conçoit ce que deviennent les traditions et même les principes du christianisme, livrés aux vicissitudes de pareilles controverses; mais il n'y a là rien que de conforme au tempérament éminemment théologique de la société anglaise.

Certaines congrégations se réunissent dans des locaux absolument dépourvus d'emblèmes religieux. On s'y croirait aisément dans une salle de conférences ou de concerts, — ce qui est fréquemment le cas, les protestants n'ayant aucun préjugé à cet égard. — Ces salles, aux murs nus, sans autre ameublement que des bancs pour les fidèles, une galerie pour le chœur et une chaire pour le minisire, représentent même ce qu'on peut appeler le type traditionnel des chapelles non conformistes. D'autres communautés, au contraire, occupent des édifices qui n'ont rien de la simplicité puritaine dans l'aménagement ni dans l'architecture. Je citerai, comme exemple, à Londres, l'église d'Unité, Unity Churclif dans le quartier d'Islington, ainsi que l'église des Free Christ ians, à Cla-

* G. M. Davies, Heterodox London, t. I, p. 121. Londres, 1878.

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