‹ L'évolution religieuse contemporaine chez les Anglais, les Américains et les HindousChapitre 9 sur 146 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Pour établir que la raison et la religion ne sont pas nécessairement en antagonisme, il suffira de rappeler que leur action s'exerce dans des sphères différentes de l'activité humaine. La philosophie, travaillant sur les matériaux fournis par l'observation, formule la conception de l'univers. Cette conception, le sentiment religieux s'en empare pour la dramatiser, la colorer, l'idéaliser; il y cherche le symbole de l'inconnu qui reste au fond de toute synthèse philosophique; il y projette un élément humain qui nous renvoie l'écho de nos aspirations vers l'infini et l'absolu. Sans doute, le jour où cette traduction religieuse de la cosmogonie dominante cesse de correspondre à l'état des sciences qui ont graduellement adopté des vues nouvelles, un conflit ne peut manquer de surgir entre le libre-examen et ce qui paraît être le sentiment religieux. Cependant, au fond, l'hostilité existe simplement entre deux conceptions scientifiques dont la plus ancienne, dépassée par le progrès des connaissances, n'a pas encore été rejetée par la religion. Or, cette élimination n'est qu'une question de temps : l'expérience du passé nous enseigne qu'après une période plus ou moins longue d'oscillations et de tâtonnements, le sentiment religieux finit toujours par se débarrasser de ses formes décrépites, pour se

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