Ibid. II
félichiqucs, qui au contraire semblent inconnues dans l'Afrique orientale. Chaque village, chaque case ont leurs idoles pacliculières*. D'ailleurs, à moins qu'on n'ait peur de son fétiche, on le délaisse, dès qu'il tarde à vous satisfaire. Le nègre de Guinée traite son fétiche exactement comme un homme ; avant d'en changer, il le bat pour le forcer à obéir. Veut-il dérober à son fétiche la connaissance de ses actions ? il le cache dans sa ceinture\ Dans cette région, on a des fétiches pour toute chose. Ainsi, dans l'État libre du Congo, les nègres ont un fétiche du vol, qni doit empêcher les blancs de découvrir les voleurs noirs'.
Dans l'Afrique occidentale, les fétiches d'ordre supérieur deviennent des dieux et on les représente alors par des idoles. Les rois, les chi fs ont des idoles plus grandes, mieux peintes que celles du commun peuple. Ces idoles fétichiques ont pour fonction de veiller sur les biens de leur propriétaire, d'écarler les voleurs. A la condition de traiter convenablement ces dieux protecleurs, on est, croit-on, absolument garanti contre lout larcin*. Chaque chef de famille a une idole particulière, une sorte de Lare domeslique, que toute la famille adore. Mais le cullc de ces dieux domesliques est ordinairement tenu secret et le voyageur peut séjourner longtemps dans un village sans soupçonner môme l'existence de ces divinités de famille^. Au contraire, les dieux de la Iribu ou du clan reçoivent un culte public et l'on en rencontre un peu partout. Ces dieux de la communauté, représentés par des idoles de forme humaine, ont cessé d'être des dieux errants, vagabonds, pour devenir des dieux bourgeois, domiciliés, ayant leurs cases à eux. Chez les M'pongoués, il y a cinq