‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 100 sur 555 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

pluie. Les Bongos du Haut-Nil croiraient uniquement à des fantômes malveillants et à la sorcellerie*. Les indigènes de rOunyoro, dans le voisinage des grands lacs, ne croient aussi qu'à la magie, comme ceux de TObbo, etc.*. Dans TAfrique orientale, Burlon a même constaté plusieurs cas d'impiété radicale. Mais ces cas sont rares et l'animisme règne dans cette région* comme dans les autres. Les riverains de TAlbert-Nyanza, au moment de s'embarquer, jettent des verroteries dans le lac pour se concilier les divinités aquatiques, qui, en relour, les protégeront contre les attaques des hippopotames\ Dans l'Afrique occidenlale, l'animisme primitif est plus développé. Dans ces régions où la vie de l'homme est chose si précaire, les pauvres indigènes sont très disposés à accorder un pouvoir surhumain aux choses et aux gens. En voyant, pour la première fois, les fusils et les calicots à ramages, les nègres disaient aux Européens : « Vraiment, vous êtes des dieux* » Un chef gabonnais, recevant Du Chaillu, faisait constamment sonner la clochette, insigne de son pouvoir, pour remercier son fétiche, qui, disait-il, lui avait envoyé un dieu (Du Chaillu, 298). C'est pour ces populations de l'Afrique occidentale que le mol « fétichisme » a été inventé. Les indigènes emploient en effet couramment l'expression « faire féliche » pour désigner toute pratique religieuse ou magique, ce qui, chez eux, ne se distingue pas. Le Gabonnais fait fétiche avec les âmes des morts^; il fait fétiche quand, de sa pirogue, il jette des oflrandes aux esprits des caux\ Il ne se borne pas à faire fétiche, il use et abuse des félichcs, et môme des idées

i. G. Schweinfurih. ioc. cil. 304, 500. 2. S. Baker. Albert-Syania, 415.

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