Du Chaillu. Loc. ril
obligés de se plier à ses goûts et ils Iiii font cuire des aliments, que Ton va déposer dans les endroits les plus isolés des bois, sans préjudice des offrandes de'bananes, de cannes à sucre et d'arachides.* Force est bien de ménager cet esprit; car c'est un être méchant, rôdant sans cesse prés des cimetières où dans les cimetières, capable de tuer ou d^aflligér de maladies quiconque rofrense\ Il s'agit, sans doute, d'un double funéraire déifié depuis peu; son souvenir est bien vivant encore; aussi on le prie et on le flatte sans cesse. L'autre dieu, Mbuirri^ est aussi logé et entretenu par ses adorateurs; mais, comme il est d'humeur débonnaire, il est bien moins honoré que son rival*. Parfois tous les deux se promènent, la nuit, dans les villages, et alors on entend leur terrible voix. Abambou et MbuirrU qu'ils soient ou non des dieux cvhémériques, sont des divinités communes à presque toutes les tribus gabonnaises ; mais on ne les représente pas par des idoles, H existe encore un troisième dieu gabonnais, Ovengoua, horriblement méchant, mais n'ayant pas le pouvoir de rendre les gens malades. Sans cesse ce dieu erre dans la forêt, tuant les voyageurs assez malheureux pour le rencontrer. Heureusement, le jour, Ovengoua reste habituellement blotti dans quelque caverne. Parfois aussi il s'introduit dans le corps d'un homme et alors bat ou assomme tout ce qu'il rencontre. A ces dieux fous furieux on ne rend point de culte ; on tâche seulement de les éviter, quoiqu'il ne soit pas toutà fait impossible d'en venir à bout par la force ; on a vu des hommes courageux leur résister, les tuer même; mais alors il faut avoir bien soin de les brûler complètement; car du moindre petit os épargné, on les verrait renaître'. Cette croyance, que le feu détruit à la fois le corps et l'ombre, n'est pas rare
i. Du Chaillu. Loc. cil. 227.