Ibid, 2SC
avec tous les êtres nuisibles : alors commence Tère des sorciers en titre. En Afrique, ces personnages sont extrêmement communs et les Européens les appellent des « féticheurs ». — Les féticheurs n'ont point partout la même importance. Chez les Fans anthropophages, ils ne font guère que consacrer les amulettes, les fétiches, dont tout le monde se couvre^; mais chez la plupart des autres races du Gabon, le féticheur en titre a une situation prédominante : c'est Youganga. Comme chez tes Fans, Vougangà sait, par dès manipulations convenables, doter de vertus magiques les talismans ou gri-gris; il peut aussi absorber impunément de fortes doses du poison d'épreuve (fnboundou), dont je parlerai tout à l'heure; il sait, cela va sans dire, faire la pluie et le beau temps ; enfin, on a recours à lui pour diverses opérations magiques. Son influence est énorme. Sur son ordre, les villages se déplacent, la guerre se déclare, des individus sont sacrifiés*. Le féticheur commande aux doubles des morts et a le pouvoir de les évoquer. Dans ce cas, Tombre évoquée répond par la bouche de l^évocateur lui-même. C'est par de telles évocations, que l'on tranche les cas épineux, qu'on découvre et désigne les coupables d'tin acte rtVpulé criminel. Le féticheur corrige aussi les femmes et les enfants; et alors il se déguise souvent en épouvantait. La riuH, il erre en poussant des cris plaintifs; le jour, les femmes, doivent s'enfermer à son approche. Les femmes sont mises à mort pour l'avoir seulement nommé. Pour avoir imité le sifflement du féticheur, on a vu un jeune garçon être étranglé par son père. Dés femmes peuvent devenir féticheuses^
Souvent le roi nègre est féticheur, et alors son pouvoir est presque sans bornes. On a vu certains de ces roitelets sup-
i. Du Chaillu. Loc. cit. 474.