‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 138 sur 555 · C. " LA VALEUR DES RELIGIONS AFRICAINES · texte numérisé non relu

C. " LA VALEUR DES RELIGIONS AFRICAINES

Nous voici parvenu au terme de notre voyage d'exploration à travers les religions de l'Afrique nègre, et il nous reste à en retracer la physionomie générale. Or, d'un bout à l'autre de ce vaste continent, nous avons trouvé des populations plongées dans l'animisme le plus étroit. A leurs yeux, tout est ou peut devenir vivant. Leur pauvre personnalité mentale déborde sur toute la nature. Dans toute l'Afrique nègre, les pierres, les montagnes, les fleuves, les plantes, les animaux, les phénomènes météorologiques, etc., sont conçus comme étant doués d'une mentalité humaine ou doublés d'ombres humaines. Les nègres sont impuissants à distinguer le vivant de l'inanimé et surtout ils ne sauraient admettre, encore moins comprendre la mort naturelle, ni s'empêcher de donner une existence objective à leurs souvenirs et à leurs rêves. On croit donc, en Afrique, à une survivance posthume; mais il faut bien noter que l'ombre, le double du défunt, tels qu'on se les figure, n'en sont pas du tout l'image exacte. Ce qui persiste au delà du tombeau, c'est un fantôme, presque toujours animé des plus détestables intentions, un être terrible, dont on a l'imagination hantée. Aussi, de très bonne foi, les nègres déclarentils que tout est fini après la mort. Oui : tout est fini, sauf le fantôme, la larve redoutable.

Mais ces fantômes funèbres, il importe grandement de les apaiser ; d'où les offrandes, les sacrifices, souvent des flots de sang humain. Il y a grand avantage aussi à se servir de .ces

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esprits, à les utiliser au mieux de ses intérêts, besoins ou passions; d*oii la magie et les sorciers, qui deviennent toujoui'S des prêtres, dès que la société adopte une organisation un peu complexe. Toutes ces illusions, que les Européens veulent bien appeler religieuses, sont donc simplement des rêves d'enfants bornés et féroces; elles dénotent tout le contraire de la supériorité mentale.

Un point qu'il importe de bien retenir, c'est que ces rêves soi-disant religieux n'élèvent encore aucune prétention morale. Môme quand il existe des sorciers en titre, des sorciers sacerdotaux, ces médiums n'ont jamais l'idée de régenter les mœurs. Leur prétention est simpleitaeïit de connaître, mieux que le commun des hommes, la changeante humeur des esprits, des génies, des divinités. A leur gré, ils communiquent avec ces puissances invisibles; ils sondent leur caractère, pénètrent leurs intentions, savent même les flatler, les circonvenir, les dominer, les désarmer. Quant au bien ou au mal moral, ils n'en ont cure ni souci. Le bilan religieux de l'Afrique nègre et en général des races noires est donc des plus indigents.

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