‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 173 sur 555 · Ibid, I · texte numérisé non relu

Ibid, I

6 Ibid. I, 196.

Dans beaucoup de tribus on ne peut croire que les cadavres aient perdu toute sensibilité, et Ton s'efforce de les garantir des chocs ou des pressions douloureuses. Certaines, entre autres, celles des Aroacas, prennent simplement la précaution de couvrir le corps d'une épaisse couche de feuilles de bananier*. C'est vraisemblablement le souci de sauvegarder la sensibilité du cadavre, qui a donné à tant de peuples de l'Amérique centrale Fidée de placer le corps accroupi, dans un sac ou dans un grand vase de terre, quand l'art du potier était assez avancé\ Ainsi faisaient les Chiriguanos, et ils enterraient ensuite le mort dans sa propre maison'. Les Caraïbes le laissaient d'abord, pendant un mois lunaire, dans son hamac, sous la garde de ses femmes, puis ils l'inhumaient; enfin, au bout d^un an, ils l'exhumaient pour recueillir ses os, et les mettre dans un panier, que l'on suspendait à la paroi de la maison. Les Guaranis, riverains de l'Orénoque, recueillaient de même les ossements, mais après les avoir fait nettoyer par les poissons du fleuve dans lequel ils plongeaient le cadavre attaché à une corde^. A Costa-Rica dans l'isthme, plusieurs nations, avant d'inhumer les restes des leurs, les déposaient dans une petite hutte en feuilles de palmier avec des aliments, des boissons, des armes, et il les laissaient dans ce séjour d'attente pendant plusieurs années^

Nous avons vu que beaucoup de tribus américaines sacrifiaient des animaux domestiques sur la tombe de leurs morts. Les sacrifices humains n'étaient pas très rares non plus: ils ne sont pas moins logiques que ceux des animaux, si l'on admet la survivance des doubles humains. Ainsi les Caraïbes

1 . Voyage à la Terre Ferme, I» 292. — Mollien. Hist. univ. voy. vol. XLIf,

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