‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 172 sur 555 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

A. niDIBHS DB h'AMàmiqjIE MilUDXOHALB BT GBITEALB

I. Les rites funéraires. — Inhumation à la Terre de Feu. — Les origines de l'idée de survivance posthume. — Inhumation en Patagonie. — Crémation des offrandes funéraires. — Sacrifices funéraires. — Aliments funéraires. — Blessures funéraires chez les Gharruas. — Croyance à la sensibilité du cadavre. — Sacrifices humains funéraires chez les Caraïbes. — H. La vie future, — La vie future chez les Patagons, etc., etc. La vie future en Colombie, chez les Abipones. — La malveillance des doubles. — liï. Les dieux. — Dieux météorologiques des Fuégiens. — Dieux fétichiques dans les pampas. — Génies anthropomorphiques au Nicaragua. — IV. La sorcelterie. — Les sorciers dans l'Amérique méridionale. — Les sorciers à métamorphoses chez les Abipones.

B. LBS IBDIBBS PBAUX-BOUaEB

ï. Uanimisme des Indiens peaux-rouges. — Fails d'animisme. — rédoublement pendant le rêve. — La malveillance des esprits. — II. Coutumes funéraires. — Abandon» inhumation, crémation, funérailles aériennes.

— Canots funéraires tués. — Oflrandes alimentaires aux morts. — Le feu pour les ombres. — Dons funéraires. — Sacrifices humains funéraires. — Mutilations funéraires. — Deuil. — La fête des morts. — HL La vie future. — Matérialisme des Californiens. — Le voyage des doubles. — Champs-filysées peaux-rouges. — La crémation destructive des doubles. — Le Tartare peau-rouge. — IV. Les dieux. — Les manitous. — Zoolâtrie. — Le filet vivifié. — Astrolâtrie. — lléliolàtrie. — Légendes religieuses. — V. Le culte. — Le calumet sacré. — Offrandes aux esprits. — Danses religieuses. — Confréries religieuses. — Vi. La sorcellerie. — Visions et extase. — Le nom incommunicable. — Les sorciers. — Leur initiation. — Le sac-médecine. — L'homme- médecine.

— Cruelle initiation. — VII. La religion des Natchez. — Héliolâtrie. — Culte. — Chefs divinisés. — Victimes funéraires. — VIII. L'évolution animigue.

A. INDIENS DE L'AMÉRIQUE MÉRIDIONALE ET CENTRALE I. — LES RITES FUNÉRAIRES

Les plus inférieurs des indigènes américains et peut-être des humains, les naturels de la Terre de Feu, inhument ordinairement leurs morts, mais les brûlenl quelquefois, quand le décès a eu lieu loin du campement ordinaire. Dans les deux cas ils ne pratiquent aucune cérémonie ni n'élèvent aucun monument funéraire. On trouve cependant chez eux l'idée du double, du fantôme, mais à Tétat tout à fait embryonnaire. Certains individus seulement laisseraient derrière eux une ombre, qui leur survit quelques années; ces êtres à survivance sont les hommes dangereux, ceux que nous appelons des criminels, c'est-à-dire ceux qui, par leurs méfaits, ont gravé leur souvenir plus ou moins profondément dans la mémoire de leurs compagnons. Les ombres de ces personnages redoutés errent, après leur mori, sous des formes fantastiques et en s'efforçant de nuire aux vivants, exactement comme ils It^ faisaient avant le petit accident de la mort. Ces doubles mal intentionnés sont conçus par les Fuégiens comme des êtres matériels*.

Les autres Indiens sauvages, du détroit de Magellan à FAmérique centrale, sont tous intellectuellement plus développés que les Fuégiens et tous i*endent à leurs morts des devoirs funéraires. Les voisins immédiats des habitants de la Terre de Feu, les Patagons, enterrent leurs morts sous de grandes pierres, ornent ces tombeaux de coquillages, y peignent des flèches rouges, y déposent tous les objets qui étaient la propriété personnelle du défunt*. Souvent les Patagons brûlent ce mobilier au lieu de le déposer

i. Hyades. Ethnographie des Fuégiens (Bull. Soc. d'Anthropologie, 1887). 2. Candish. Bist. univ, voy. vol. XVI, 184.

simplement comme offrande funéraire*. Les Araucans des Pampas, les Puelches, les Charmas font de même', et il est permis de supposer que cette crémation a pour but de dégager les doubles des armes, vêtements, etc., afin qu'ils puissent accompagner Tombre du décédé. Quand on ne brûle pas tout ce mobilier funéraire, on a soin de l'inhumer avec le cadavre, qui est toujours orné, peint, paré. Ainsi procédaient les Ancas, les Chiquitos, les Chiriguanos. Ce nest pas tout; il faut que Tombre du défunt soit non seulement armée, mais encore convenablement pourvue pour le voyage d'outre-tombe : dans ce but, les Ancas, les Charmas, les Araucans, les Pampas, les Patagons égorgent sur la tombe de leur compagnon décédé au moins son meilleur cheval, souvent plusieurs chevaux et des chiens'. Enfin on a soin de placera côté du mort une certaine quantité d'aliments. Les Abipones suspendaient à un arbre, près du tombeau, un habillement complet, pour que le défunt pût se vêtir, s'il lui prenait fantaisie de sortir de sa tombe. Les Charmas vont plus loin, jusqu'aux blessures funéraires ; chez eux, les femmes, sœurs ou filles du défunt se lardent, avec la lance ou le couteau du mort, la peau des bras, des seins, des flancs; les hommes se passent, en sétons, des roseaux tranchants dans la peau du bras, mais seulement à la mort de leur père*. — Notons en passant que chez ces Indiens les morts sont généralement inhumés dans la position accroupie, coutume funéraire si fréquente en pays sauvages et dont nous avons vu la raison*. — Souvent enfin le clan du défunt se lamente, le matin, pendant un certain nombre de jours, en exaltant les hauts faits du compagnon disparu^.

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