H. Spencer. Sociologie, I
disant au voyageur Rrett, en voyant sa boussole de poche : « C'est vivant »*. Pour les Carriers hyperboréens, la lecture et récriture étaient des arts magiques% évidemment l'œuvre des esprits.
Dans l'opinion des Peaux-Rouges, tout élrc, tout corps a son ombre, son espril, son double animé. Les Chippyouais pensent que les animaux sont aussi pourvus de doubles, ils en accordaient même à un chaudron. (Keating, cité par H. Spencer. Sociol. I, 247). Les rêves sont, pour eux, des représentations réelles, pendant lesquelles les doubles agissent suivant leur fantaisie; aussi l'on y attache une grande importance. Les Chippyouais jeûnent afin de se donner des songes'. Pendant le sommeil, le double, l'esprit quitte le corps, se promène, et le rêve retrace ses aventures. Pendant le rêve encore, les doubles des objets visitent le dormeur, le génie familier vient lui donner des avis. Aussi le songe est-il considéré comme une chose sacrée. Un Indien ayant rêvé qu'on lui coupait un doigt, se le fit amputer à son réveil. Les rêves sont aussi des avertissements symboliques; ainsi rêver d'élans est signe de vie; au contraire rêver d'ours signifie mort prochaineV Les Iroquois célébraient en l'honneur des songes une grande fêle appelée « le renversement de la cervelle », des espèces de saturnales, pendant lesquelles on faisait toute sorte de folies*.
Tout étant animé dans la nature aux yeux des Peaux- Rouges, le moindre phénomène a pour eux son importance; en voyant des étoiles filantes, ils se jettent à terre, en proie a une profonde terreur; le bruissement des feuilles les épouvante, car il est Tœuvre de malveillants esprits, prêts à fondre