‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 191 sur 555 · Cbarleyoix. Loc, cit · texte numérisé non relu

Cbarleyoix. Loc, cit

prononcer son nom, c'est-à-dire de l'évoquer'. En outre, et sans doute afin d'apaiser l'ombre du défunt, on se coupait les cheveux, on se noircissait la figure, on s'abstenait, pendant une couple d'années, de tout plaisir et môme de se chauffer*. Enfin les esclaves allaient, tous les jours, offrir du tabac à l'esprit de leur maîtres — Dans l'opinion des Osages, le plus signalé service que l'on pût rendre à un parent ou ami mort, élait de tuer un ennemi et d'en suspendre le scalp sur la tombe; car le double de la victime devenait alors, dans le séjour des ombres, l'esclave du guerrier à l'intention duquel on avait fait le sacrifice*. — Les Peaux-Rouges californiens immolaient quelquefois sur la tombe le cheval favori et la femme favorite du défunt. Encore trèsanimiques, il croyaient que la Mort était un esprit méchant qui étouffait peu à peu les malades'^. Ces Indiens brûlaient non seulement les objets mobiliers du défunt, mais même sa maison, et en répandaient les cendres sur sa tombe sûrement pour lui expédier les doubles de toutes ces choses. Enfin la veuve, quand elle n'était pas sacrifiée, devait rester, pendant plusieurs jours, assise ou môme à demi enfouie sur la tombe de son mari*. De môme les Peaux-Rouges du Nouveau-Mexique expédiaient bien souvent dans la Terre des esprits les femmes de leurs moris'.

Dans beaucoup de tribus indiennes, les os des cadavres exposés ou inhumés n'étaient point abandonnés après la cérémonie funéraire. Chaque année, à la fête des morts, on recueillait les ossements des corps décomposés et on les portait d'abord dans les cabanes ; puis la cérémonie se continuait par des festins, des danses, des jeux, des combats analogues à

i. Charlevoix. Loc. cit. YI, 107. 109.

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