U. Spencer. Sociologie^ I
les altendait^ On ne se borne pas toujours à sacrifier des esclaves. Un chef chinouk mourant voulait qu*on tuât sa femme, pour qu'elle le pût accompagner dans l'autre monde*. — Chez les Talkotins, qui brûlent leurs morts, on fait le simulacre de brûler les veuves, soit qu'on les ait réellement brûlées autrefois, ce qui est le plus probable, soit que l'on commence seulement à en avoir l'idée. La veuve ou les veuves montent sur le bûcher funèbre et y restent jusqu'à ce qu'elles soient à demi suflbquées ou que leurs cheveux commencent à roussir'. Chez d'autres Uyperboréens, les Natiolitains, les femmes s'amputent une phalange et font cette opération audessus de la tête de leurs proches parents décédés *. Le 24 décembre 1890, une dépêche d'Helena (Montana) nous apprenait que, dans la fosse de quatre Indiens exécutés pour meurtres, une squaw avait jeté deux de ses doigts, coupés à cet effet. Une autre s'était balafré la figure. Toutes deux faisaient couler leur sang dans la fosse et avaient auparavant scalpé leurs enfants. (Le XIX' Siècle, 26 décembre 1890.)
Nous savons que tous ces sacrifices sont destinés à conjurer la colère des ombres.
Les Hurons et les Iroquois mouraient stoïquement après avoir pris congé des leurs et ordonné un festin. Avant qu'ils eussent rendu le dernier soupir, on égorgeait des chiens pour que ces animaux allassent dans l'autre monde annoncer la prochaine arrivée de leur maître\ Ces Indiens déposaient le cadavre, peint et paré, dans une fosse tapissée de pelleteries et en ayant bien soin que la terre ne touchât point le corps, supposé sensible encore. Évidemment on avait peur du mort; car, pendant un certain temps, on évitait soigneusement de
i. Kotzebue. Hiil. univ voy. voL XII, 414.