Charlevoix. Loc, cit. V, 2*25 (LelJre IX
194 LÉVOLUTION RELIGIEUSE.
faveur chez les Peaux-Rouges. Les Pléiades étaient, pour eux, des danseurs et des danseuses. Pendant les éclipses, ils lançaient des flèches vers le ciel afin d'écarler les ennemis de la lune et du soleil*. Partout le soleil était le grand manitou^ le Grand EspHt ; il était en même temps le dieu des combats ; son nom servait de cri de guerre; c'était le souverain des esprits, des manitous^. « Ne croyez-vous pas, disaient les Indiens au père Lejeune ; ne croyez-vous pas à ce dieu, à ce soleil, qui nous voit et nous punit, lorsque nous le méritons?' » En effet, le grand manitou solaire clidtiait certaines actions réprèhensibles, par exemple, la violation d*une convention après qu'on avait fumé le calumet. Aussi, dans ces pactes, avait-on bien soin de pousser vers Tastie la fumée du tabac\ — Le soleil était l'objet d'un vrai culte. Avant chaque délibération importante dans la cabane d'un chef, celui-ci présentait trois fois la pipe allumée au soleil levant; puis, la tenant avec les deux mains, il la promenait d'orient en occident en priant l'astre du jour d'être favorable à la nation : <x Grand Esprit, lui disait-il, maitre des autres manitous, commande aux bons de nous être favorables, aux méchants de s'éloigner de nous. Donne force et courage aux guerriers, etc. »*. Ces cérémonies s'appelaient « fumer lesoleil ».
A leur astrolâtrie les Peaux-Rouges ont rattaché des légendes cosniogoniqucs, dont certaines ont manifestement une origine asiatique. Suivant certaines de ces légendes, les hommes sont nés d'une femme, qu'un génie avait lancée sur la terre d'un coup de pied. Cette femme accoucha de deux jumeaux, dont l'ainé tua le cadet*. Les hommes périrent dans un déluge*
i. Charlevoix. Loc, cit. 148.
2. Ibid. V, 307; (Lettre Xin.) — Lalilau. Mœurt des sauvages I, 115, 116, 119, lâl.