‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 2 sur 555 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

nous, même parmi les meilleurs et les plus intelligents, aient hérité de tendances religieuses, devenues instinctives. Pour eux, le mot « religion » représente tout un idéal à la fois mystérieux et vénérable, qui plane audessus de l'examen, quelque chose comme un sanctuaire fermé et inviolable. Ces antiques préjugés, si funestes à la liberté de penser, sont encore entretenus par nombre de savants mythologues qui, se cantonnant dans l'examen spécial de telle ou telle grande religion, • ne l'étudient qu'à l'apogée de son dévelopement, avec la parure d'idées et de sentiments plus ou moins élevés dont l'ont ornée les siècles; aussi, en y mettant parfois un peu de complaisance, n'ont-ils aucune peine à trouver sublimes les textes qu'ils examinent à la loupe et ils s'efforcent de nous faire partager leur opinion.

La méthode comparative, seule, peut nous mettre à l'abri de ces erreurs de jugement. Guidés par elle, nous voyons, à n'en pas douter, que les grandes religions sont simplement l'épanouissement des petites, de ces grossiers fétichismes dont nos doctes exégètes ne daignent pas même s'occuper. Les unes et les autres ont germé dans le sol commun de ce que Tylor a si justement appelé « l'animisme », c'est-à-dire de cette * >n primaire qui porte l'homme peu développé à à tels objets ou êtres du monde ambiant sa é, ses sentiments, ses idées. Ce fait général est iment hors de doute, et l'on s'en convainc aiséen interrogeant, au sujet de leurs croyances, les races humaines, des plus inférieures aux développées, en étudiant aussi les origines et

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révolution des grandes religions, de celles que pratiquent et vénèrent encore, en réalité ou en apparence, des centaines de millions d'hommes.

Cette instructive enquête, on a tenté de la faire dans ce volume, en réunissant et classant quantité de faits observés dans tous les temps et dans tous les lieux par une armée de témoins impartiaux. 11 en est résulté un trésor de documents, qui donnera, nous Tespérons, quelque valeur à notre revue comparative et nous fera pardonner d'avoir fait peu d'emprunts aux travaux de fine et subtile exégèse aujourd'hui trop à la mode. D'ailleui^s notre ouvrage n'a pas la prétention de faire une histoire complète de toutes les religions; comme l'indique son titre, on s'y efforce seulement de mettre en relief les points principaux de la commune évolution religieuse.

Le présent volume continue et termine, au moins en ce qu'elle a de plus important, la série des cinq ouvrages antérieurement publiés à la librairie Lecrosnier et Babé. Dans leur ensemble ces six monographies forment un traité de sociologie ethnographique, suffisamment complet dans les grandes lignes et que l'on pourrait intituler : VÉvolulion des sociétés. Seulement ces six volumes, dans le cas où on les voudrait réunir sous un titre commun, ne devraient pas être rangés exactement dans l'ordre de leur publication. La disposition logique serait la suivante : 1** l'Évolution du mariage et de la famille; — 2* l'Évolution de la propriété;

— 3" r Évolution politique; — 4*" l'Évolution juridique;

— 5" r Évolution religieuse; — 6" l'Évolution de la morale.

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