Bancrofl. Loc. cit. I
Un songe, un cri d^animal suffisent pour fuire abandonner une entreprise*. Les sorciers el leurs agissements rappellent beaucoup ceux de l'Afrique.
Les sorciers, qui souvent sont de sexe féminin, ont commerce avec les manitous ; entre eux et les esprits il y a une espèce de pacte résultant de jeûnes, de cris, du battement de tambours magiques. Souvent les Indiens ont, dans leurs éluves, des accès de délire sacré. Ils pratiquent lenvoûtement en perçant le cœur de petites figurines, exactement comme on le faisait en Europe au Moyen âge. La grande intimité des sorciers avec les manitous leur permet de prédire les événements, de pénétrer tous les secrets, etc. Comme en Afrique, il y a cliez les Peaux-Rouges de bons sorciers et de méchants sorciers; mais ces derniers, quand on les découvre, sont mis impitoyablement en pièces*. Chez les Natchez, il existait des vieillards faiseurs de pluie, récompensés, en cas (le réussite, châtiés, parfois tués, en cas d'insuccès'. Les sorciers aiment à exalter leur pouvoir : « Je suis comme un dieu 9, disent-ils souvent. Cette puissance magique des sorciers réside surtout dans un sac-médecincy contenant divers objets: de Tindigo, du vitriol bleu, du vermillon, etc.*. On appelle ordinairement les sorciers hommes-médecines ; car leur principale fonction est de guérir les maladies, en conjurant les mauvais esprits, ou bien en suçant du sang de la région malade ou en y exerçant des pressions. En cas d'insuccès, le sorcier risque sa vie*. Durant ses invocations médicales, V homme-médecine demande de Taide aux manitous des sources^, du vent, de la pluie, des feuilles, etc.*.
i. Charlevoix. Loc. cit. III.