‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 206 sur 555 · VIII. — l'évolution animique · texte numérisé non relu

VIII. — l'évolution animique

Pour terminer ce chapitre j'esquisserai une vue générale de révolution animique, telle que nous l'avons pu suivre jusqu'ici, en accumulant les faits d'observation. Déjà, en effet, nous avons interrogé une notable portion du genre humain : les nègres océaniens, les nègres d'Afrique, les Polynésiens, les Indiens sauvages du Nouveau Monde. Toutes ces populations de race si diverse, nous les avons vues s'illusionner de la même manière dans leurs conceptions dites religieuses. Partout l'homme primitif, à peine doté d'une intelligence d'enfant, toujours faible et sans expérience, disputant sa vie à mille dangers, a commencé par animer, en imagination, tout ce qui l'environnait, surtout ce qui pou- \ait lui nuire. D'autre part, ne réussissant jamais ni à comprendre la mort naturelle, ni à croire à l'anéantissement total de sa personnalité et de celle des autres, il a peuplé le monde ambiant d'êtres fictifs, sortis de son imagination ou de sa mémoire. Son panthéon s'est ainsi rempli de dieux animiques, de dieux anceslraux, de dieux animaux, etc.;

SOS L^ÉVOLUTION HELIGIBUSE.

mais à toutes ces créations de sa fantaisie il a prôlé des sentiments humains, des pensées et des volontés humaines. D*où ridée d'npaiser ces êtres redoutables, de se les concilier par des offrandes et des sacrifices souvent sanglants; car ces dieux sont féroces, comme leurs adorateurs.

De cet état mental des primitifs est née tout naturellement la sorcellerie. Par une foule de pratiques on a tenté d'user, dans un intérêt personnel» des dieux fétiches ou animiques, et Ton s'est efforcé de pénétrer leurs intentions. Bien vite aussi la sorcelIcTie a engendré le sorcier, l'homme particulièrement habile à traiter avec les puissances invisibles, à les invoquer et à les évoquer. Enfin, quand l'organisme social s*est consolidé, hiérarchisé, surtout quand on a dû obéir à des chefs monarchiques, les sorciers ont monté en grade ; ils sont devenus des prêtres, qui, en régularisant les offrandes, les sacrifices, les prières, les pratiques de la magie, en ont fait un culte organisé.

Telle est, nous sommes fondé à le dire, la loi de l'évolution religieuse durant ses phases premières, alors que la religion est simple encore et n'élève aucune prétention à régenter la morale. Dans le prochain chapitre, en étudiant la religion des grands empires de l'Amérique centrale, nous commencerons à voir ce qu'elle devient ultérieurement.

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