IV. — LES PRÊTRES ET LES c VIERGES ÉLUES
Bien des fois déjà j'ai dit que partout le sacerdoce est sorti de la sorcellerie. Le fait n*est, nulle part, plus évident qu'au Pérou. D'abord les sorciers pullulaient dans le pays% comme dans les tribus peaux-rouges. Dans tous les rangs de la société on croyait aux devins et aux augures; ainsi, quand le dieu Viracocha apparut au fils de l'Inca Yahuar-Huacac, les plus proches parents du monarque lui conseillèrent-ils de consulter à ce sujet les devins et les augures'. Enfin le nom même, le titre du grand prêtre péruvien, second personnage de l'État, signifiait devin ou sorcier, et en effet ce pape péruvien se conduisait exactement comme le plus vulgaire sorcier de la plus sauvage tribu. Il avait l'oreille du Soleil ; il savait communiquer avec lui; il le consultait au besoin et transmettait ensuite aux fidèles les ordres reçus d'en haut^.
Ce grand prêtre était nommé par le monarque, qui le choisissait parmi ses frères ou ses plus proches parents. A son tour il désignait les membres du corps sacerdotal, extrêmement nombreux. A Cuzco, tous les prêtres étaient choisis
i, W. Prescott. Loc, cit, I, 102.
S. GarcUasso. Lœ. cit. liy. I, ch. xit, p. 75.