VI. — L ESPRIT RELIGIEUX DES RACES UONGOLIQUES
Ayant maintenant interrogé toutes les races jaunes au point de vue de leurs créations religieuses, nous pouvons concréter en une vue d'ensemble les résultais de notre enquête. — Tout d'abord nous devons constater, que les origines mythiques chez les Mongols ne se différencient pas essentiellement de celles des nègres. Dans l'humanité jaune comme dans l'humanité noire, la religion a débuté par l'animisme fétichique, la vivification imaginaire du monde extérieur, la croyance non moins imaginaire à la survivance des doubles, des ombres des morts, et en môme temps à la magie.
Ce qui caractérise la mythologie des Mongols, c'est l'importance relative qu'y ont prise les deux derniers éléments de cette trilogie primitive. Chez les Mongols sauvages, la sorcellerie est devenue le Chamanisme; chez les Mongols civilisés, le culte des ancêtres a pris le pas sur tout le reste. Au Japon, la divinisation des kamis, en Chine le Confucianisme, sont la plus haute expression de celte tendance. Ces deux cultes sont laïques, sans clergé organisé. L'un, le Sintoïsme, n'a encore qu'une morale embryonnaire, toute rituelle; l'aulre, le Confucianisme, porte au contraire tout son effort du côté de la morale, mais d'une morale laïque : c'est plutôt un code des devoirs qu'une religion et il n'a ni paradis ni enfer. — Dans sa forme primitive, l'autre grande religion chinoise, le Taoïsme, qui s'est peut-être inspiré des vieilles religions indiennes, est