Ibid. I
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grand malheur. Dans l'île de la Palme, un de ces obélisques naturels était regardé comme parliculièrement dangereux, et Ton ne passait près de lui qu'en tremblant. Pour l'apaiser, on lui offrait les entrailles d'animaux sacrifiés à sou intention. Deux personnes, dont un prêtre, apportaient l'offrande, et dialoguaient comme suit : « Tomberas-tu, Idafel > — « Donne-lui, disait l'autre, ce que tu portes, et il ne tombera pas ». Parfois on offrait au monolithe des victimes entières, précipitées à dessein du haut des montagnes voisines*.
Le soleil, la lune, les étoiles et, disent les chroniqueurs, diverses autres choses, étaient adorées*. On croyait en outre à l'existence de génies, d'esprits, dont l'un, avec de la terre et de l'eau, avait modelé les premiers hommes et les premières femmes. Ces premiers êtres humains, nés sans parents, étaient des nobles. Plus tard, le même esprit façonna des plébéiens, mais, comme il avait fait don à ses premières ;:Téalures de tous les moyens d'existence, il dut les charger de l'entretien de la plèbe tard venue.
Comme il arrive ordinairement, durant cette phase mythologique, on avait, parmi les esprits, accordé la prééminence à l'un d'entre eux. Cet esprit, plus puissant que les autres, portait, dans chaque ile, un nom différent, mais toujours très louangeur; on l'appelait conservateur, grand, sublime, soutien du ciel et de la terre, etc.'. Dans toutes les lies, on admettait l'existence d'esprits malveillants^.
Pour se concilier tous ces dieux divers, en obtenir des faveurs ou les apaiser, on recourait aux moyens ordinaires : aux offrandes, aux sacrifices. Les offrandes consistaient en fruits, en graisse, en beurre, en viande et entrailles d'animaux, en lait, que l'on répandait de haut sur la terre, en