IV. — LE SACERDOCE
Les pr6(resscs canariennes appartenaient a une caste spéciale, celle des vierges, des hariniaguadas, vivant en comman dans des sortes de couvents d'où elles ne sériaient que pour aller aux bains ou aux pèlerinages sacrés. Elles étaient vêtues de longues robes en peaux blanches. A Tj^ge de vingt ans, si elles étaient nobles; de trente, si elles étaient plébéiennes, elles pouvaient se marier. Jusque-là, leur fonction consistait à élever les jeunes filles; elles leur enseignaient à préparer les peaux, dont on faisait les vêtements, à tresser des nattes de joncs et de palmes, à fabriquer de la poterie, des colliers, à se servir des couleurs, à moudre le grain à l'aide de petils moulins de pierre, à deux pièces, dont la supérieure tournait sur l'inférieure* et dont- on se sert encore en Kabylie. Certaines d'entre les prêtresses avaient une grande influence sociale; elles prédisaient l'avenir et servaient d'arbitres'.
Les prêtres, constitués aussi en caste, jouaient un rôle plus important encore que les prêtresses. A la Grande Canarie, le grand prêtre, le faycan, était presque l'égal du chef et, comme ses collègues d'ailleurs, il portait le costume royal. Seul, le faycan avait le pouvoir de donner l'investiture aux nouveaux nobles. Chacun des deux rois de la Grande Canarie avait près de lui un faycan choisi parmi les plus proches parents. Des prêtres subalternes ofticiaient dans chaque sanctuaire. Les fonctions des prêtres étaient multiples; ils conservaient les traditions historiques, présidaient aux cérémonies, prédisaient l'avenir, tiraient des présages et enfin instruisaient les enfants du sexe masculin. Ceux qui étaient