‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 325 sur 555 · I. — LES RITES FONÉRAIRES CHEZ LES ARABES · texte numérisé non relu

I. — LES RITES FONÉRAIRES CHEZ LES ARABES

Les Bédouins actuels ayant, dans une forte mesure, conservé les us et coutumes des Arabes préislamiques, leurs rites funéraires sont particulièrement intéressants à connaître. Or, ces rites proclament clairement la foi en une survivance. Voici comment procèdent les Bédouins après la mort d'un des leurs. Dès que le malade a cessé de vivre,

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Vimâm étend le cadavre sar des espèces de claies en branches de palmier, le lave à l'eau chaude et au savon, rhabille de ses plus beaux vêlements et môme, autant que possible, l'orne de ses parures de noce. Cela fait, Vimâm bouche avec du coton tous les. oriûces du corps, que l'on dépose ensuite dans un cercueil ressemblant à un grand berceau. A la tète de ce berceau funéraire est fixée une perche, qui, après l'inhumation, sort de terre et sur laquelle on place soit un turban, soit une coiffe de femme, suivant le sexe du décédéV

Avant d'emporter le cadavre, les assistants se dispersent autour du campement en criant : « Hélas I hélas! 0 fils des vivants, cachez, hélas! » c'est-à-dire « apprenez la morl de l'un de nous ». Vimâm et ceux de la tribu, qui connaissent les prières des morts, prennent en psalmodiant la tète du cortège funéraire. Les autres suivent, y compris les femmes, qui crient et se lamentent. En outre, des pleureuses à gages poussent des cris aigus, s'arrachent les cheveux et improvisent des chants mortuaires. En même temps tous les assistants font à l'envi l'éloge du défunt*.

Le cercueil est ensuite déposé dans une fosse creusée d'avance; mais avant que cette fosse soit comblée ïimâm y descend et murmure à l'oreille du mort les paroles suivantes : « Si Naker et Nékir viennent te trouver, ne leur réponds rien de plus ou de moins », ce qui signifie en langage ordinaire : « ne réponds rien de bien ni de mal à lange rebelle ». C'est un avis salutaii^e, que Yimâm donne au décédé; car, avec beaucoup de Musulmans, les Bédouins croient que, durant les trois jours qui suivent immédiatement la mort, le double, l'âme, revient visiter son pauvre corps et qu'elle est alors guettée par les mauvais esprits, acharnés à sa perte'. Cette

i. Mayeux. Les Bédouins, Uh 197-499.

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