‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 326 sur 555 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

338 L'ÉYOLimON RELIGIEUSE.

idée, que le double a grand'peine à abandonner son corps et rôde quelque temps autour de lui, est tout à fait primitive: plus d'une fois déjà nous Tavons rencontrée.

Il en est de même du souci d'éviter au pauvre mort la pression du sol. Or, ce désir doit exister encore chez certaines populations sémitiques, puisqu'on Ta constaté chez les Arabes qui font le commerce des esclaves dans l'Afrique centrale. Pour soustraire le cadavre au contact brutal de la terre, ces chasseurs d'esclaves recourent à un procédé qui est aussi usité assez fréquemment. Sur l'une des parois verticales de la fosse, ils creusent une tranchée horizontale, dans laquelle on place le corps et que l'on ferme ensuite avec des briques protectrices*.

Les Arabes actuels, sauf les Bédouins, ne pratiquent plus de sacrifices funéraires; mais leurs ancêtres préislamiques attachaient un chameau près de la fosse et l'y laissaient mourir de faim : c'était évidemment une monture pour l'autre monde'.

En Arabie, quelques tribus de Bédouins ont réussi à voir la mort sous un aspect joyeux. Elles parent le défunt comme pour une noce, lui peignent les yeux de collyre, les pieds et les mains de henné, puis le portent en terre avec des acclamations et en chantant l'hymne nuptial, pendant que leurs femmes poussent le lilililiy signe sacramentel d'allégresse'. Les funérailles joyeuses sont exceptionnelles, paradoxales; elles répondent sûrement à des idées particulières sur l'audelà évidemment conçu comme un agréable séjour. Ces idées doivent être préislamiques; malheureusement on ne s'est pas préoccupé de les recueillir. Dans tous les cas, de même que les rites exprimant la douleur, ces joyeuses funérailles attestent d'une autre manière l'existence de la foi en une vie

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