‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 338 sur 555 · Mayeux. Le» Bédouin», III · texte numérisé non relu

Mayeux. Le» Bédouin», III

votre Dieu demandait un voyageur arabe à un nomade» près de Basra? » C'était Fadi» répondit Tinterpellé (un gouverneur de province); mais, depuis sa mort, je ne sais plus qui est dieu maintenant »\ « Après la mort» disait un jeune Bédouin» j*irai trouver Dieu et je le saluerai ; s'il me donne des vivres et du tabac» je resterai auprès de lui; sinon je monterai sur mon cheval et je partirai »'.

Ces prétendus Mahométans font encore des sacrifices sur les tombeaux de leurs ancêtres» dont les doubles doivent se nourrir de sang'. L'idée qu'ils ont d'Allah est tout à fait primitive. Ainsi Burton a entendu une vieille femme de la tribu des Eesa, souffrant d'une rage de dents» s'écrier : « Oh ! Allah» puissent tes dents et les gencives te faire autant de mal que les miennes!* » Pour les Châamba du Sahara» le mirage est l'œuvre des malfaisants esprits» toujours aux aguets et qu'ils essaient d'écarter en disant» le soir» avant de s'endormir : < Que l'esprit malfaisant s'éloigne! » Par des nuits de simoun» le bruit des vagues de sable est pour ces Bédouins d'Afrique la bataille souterraine des guerriers morts et prisonniers de l'esprit du mal. Les feux follets sont les âmes de ces maudits; le bruit strident des broussailles sèches» agitées par le vent» c'est le riro des revenants» des fantômes : il présage souvent un malheur*^.

Mais les Bédouins n'ont pas le privilège de ces primitives croyances. Dans la mer Rouge» les marins indigènes croient qu'au fond de l'eau résident de bons et de mauvais génies» qu'ils tâchent de se concilier en leur jetant les prémices de leurs repas : des dattes» de la farine» des pains entiers^ A

i. Talgrave. Loc. cit. 83.

S. Ibid. 36.

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