‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 355 sur 555 · Ibid. XLVIII · texte numérisé non relu

Ibid. XLVIII

des concubines de ses captives de guerre*. Sur ce chapitre des c mœurs » le Koran est fort large, puisqu'il autorise la polygamie et la répudiation au gré du mari. De pieux hypocrites ont même abusé de cette tolérance et, à la fin du ii" siècle, un zélateur connu, Abdallâhibn Yâstn^ répudiait, chaque mois, ses quatre femmes pour en prendre immédiatement quatre autres'.

Sur un point pourtant, Tlslamisme a réformé avantageusement les mœurs. Les anciens Arabes étaient de grands buveurs ; ils s'enivraient même avec ostentation. Mais Tinterdiction religieuse du vin, qu'Omar sanctionna par la peine du fouet, a rendu l'ivrognerie très rare chez les croyants.

La morale islamique est grossière, simple. Elle prête mal à l'hypocrisie. Pourtant les casuistes en ont su tirer de singulières conséquences. Le Prophète a eu beau dire que la vertu consiste à accomplir ses devoirs et non « à tourner son visage du côté du levant ou du couchant »', toute morale strictement fondée sur la religion, comme celle de l'Islamisme, prête toujours le flanc à deux abus. Toujours, en effet, l'on peut distinguer entre l'éthique sociale et la morale spécialement religieuse; par exemple, ne point se gêner pour mentir, voler, tuer, faire la débauche, etc., et compenser ces légers écarts dans les mœurs par une stricte observance du culte, de la prière, etc., etc. C'est ce que font, paraît-il, beaucoup de Turcs*. On peut aussi justifier de honteuses actions par des raisonnements subtils, par exemple se sauver lâchement devant une épidémie, malgré la croyance à la prédestination, et donner des raisons comme celles-ci : « Dieu, dans sa miséricorde, nous envoie cette maladie pour nous appeler en sa présence; mais nous sommes pénétrés de notre indignité et

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