CHAPITRE XIII
LE judaïsme et LES RELIGIONS MÉSOPOTAMIENNES
A. ~ LE JUHAISm
, La Bible. — Sa valeur réelle. — II. Rites funéraires, — Cavernes funéraires et inhumation. — Survivances archaïques. — III. L'âme et la vie future. — Le souffle. — Le ChéoL — La création des âmes diaprés le Talmud. — L'enfer et le paradis talmudiques. — IV. Le polythéisme primitif en Judée. — Dieux multiples. — Les temples. — Les offrandes.
— lahveh, dieu astrolâtrique. — Sacrifices des nouveau-nés. — Les Hébreux et les dieux des Gentils. — La création des démons d'après le Talmud. — Origine des Païens d'après le Talmud. — Y. lahveh. — Anthropomorphisme de lahveh. — Le maléak de lahveh. — Culte commercial. — VI. Magie et sorcellerie. — Sorcellerie bibUque. — Miracles d'ËUsée. — Rabbins. — Sorciers du Talmud. — Songes et présages. — Vn. Le culte et le sacerdoce. — Sacrifices sanglants. — Les pénitences. — Sorciers et prêtres. — Les Esséniens. — Pierres sacrées.
— Mégalithes. — Le Tabernacle. — Les fêtes. — Les Kadeschim. — lahveh d'après le Talmud. — YIII. La morale biblique. — La morale de VHebdalogue. — Morale religieuse. — HjC crime d'impiété. — La morale talmudique.
B. — LA mBLMlOM MÉÊOWCiTA
Valeur du monothéisme. — Animisme des Sumériens et des Accadiens.
— Le ciel et la terre d'après les Chaldéens. — Les doubles et Vabtme.
— Dieux mi-partie animaux. — Les grands dieux. — Les esprits. — Trinités chaldéennes. — Les démons. — Les sorciers-prêtres. — Les amulettes. — Les temples. — Sacrifices humains et prostitution sacrée.
O. — LA TALBUR IttS ABLMlOMt SàimiQUM
A. — LE judaïsme I. — LA BIBLE
Ea elle-même, la religion des Juifs n'offi*e qu'un intérêt assez secondaire. Si je suis obligé pourtant de lui accorder
358 L*ËTOLUTION RELIGIEUSE.
dans ces études une place relativement considérable, c'est surtout parce que d'elle sont sortis le Christianisme et, pour une bonne part, l'Islamisme, sans compter qu'elle tient aussi aux vieilles religions de la Chaldée, de l'Assyrie, de ces antiques empires, fort antérieurs à la nation juive et auxquels cette dernière a emprunté une bonne partie de sa civilisation.
Dans cet exposé de la religion judaïque, je devrai forcément m'appuyer principalement sur la Bible, mais je ne le ferai pas à la manière des hébraîsants, encore moins à celle des croyants, qui, dans chaque syllabe des Livres réputés sacrés, voient et vénèrent la parole même d'un Dieu tout-puissant.
Pour tout esprit libre, la Bible est simplement un document ethnographique, comme un autre, comme le Koran, comme le Code de Manou, etc. Aujourd'hui, du reste, la sublimité et même l'antiquité des écrits bibliques ont été ramenées à leur juste valeur par tous les savants qui les ont étudiés sans préjugé. Nous savons que la Bible est simplement un recueil de traditions, de chants religieux ou psaumes, d'homélies, de prophéties, de petites ihorasy formant, comme le disait Spinoza, « une réunion confuse de matériaux, que l'auteur n'a pas eu le temps de classer et d'ordonner régulièrement »*. Quant aux questions de chronologie biblique, à propos desquelles on a versé des flots d'encre, elles sont, pour nous, anthropologistes, d'intérêt secondaire. L'amas des légendes et traditions bibliques a sûrement des origines polychroniques. Le plus vraisemblable est que la refonte, la rédaction définitive des principaux de ces documents a eu lieu approximativement vers l'époque de la captivité de Babylone, et qu'au point de vue historique cette rédaction mérite une médiocre confiance. Mais ce qui nous importe, à nous, c'est le point de vue sociologique, et sous ce rapport la Bible est un précieux recueil.
i. Spinoza. Trailé thioL polit. XI.
LE judaïsme et LES RELIGIONS MÉSOPOTÂMIENNES. 359
Notre tâche consiste à résumer les croyances, qui y sont formulées, à retracer leur évolution, à voir si cette évolution est conforme à celle que nous avons observée jusqu'ici -chez des races et des peuples divers, à appliquer, en résumé, au Judaïsme la méthode comparative.