Ibid. h
LES RELIGIONS DES ABOÏllGÈNES DE LINDE ET DES ARYAS VÉDIQUES. 501
ils s'efforcent d'accrocher derrière eux leur double, auquel il pourrait prendre fanlaisie d'aller tenir compagnie à celui du mort*. Ces Karens ont abusé de la théorie du dédoublement. Chaque homme, pensent-ils, a un double principal, qui préexistait à sa naissance et survivra à sa mort. Ces doubles principaux peuvent aller, après la niort, dans des séjours différents, sortes de paradis, d'enfer et de purgatoire où un dieu, Phi-pho, les envoie. Certains doubles vicieux sont condamnés à errer sur la terre et ils troublent les esprits des hommes. Mais ce n'est pas tout ; la tête humaine est le siège d'un esprit spécial, dont la fonclion consiste à écarter les doubles malveillants. Un autre esprit, le « Thah », nous incite aux bonnes ou aux mauvaises actions. Môme chaque passion mauvaise a son double, son esprit*.
Les choses ont aussi leurs doubles, spécialement le riz, et, quand cette indispensable céréale est malade, on invoque son double, son esprit, par une incanlation : « Viens, Riz-Kelah; viens de l'ouest; viens de l'est, viens du gosier de l'oiseau, de l'estomac du singe, de la gorge de l'éléphant... de tous les greniers. Viens! »'. Certains Santals croient à une sorte d'enfer où les égoïstes seront éternellement manges par des vers et des serpents, tandis que les bons s'en iront au milieu d'arbres chargés de fruits.
Les Todas croient que le double du mort continuera, dans le pays des ombres, à vivre des vaches qu'on lui a sacrifiées, exactement comme il le faisait de son vivant. Le sacrificateur a même soin de dire expressément au mort qu'on lui a immolé telles ou telles bétes du troupeau*.
Les Koukis pensent que, dans la vie future, le double d'un
i. H. Spencer. Sociologie, I, 196,211.