Ibid
encourageait autant que possible les mériahs à se réproduire, même en s'unissant à des personnes non mériahs.
Le sacrifice, réglé par un prêtre, était long et compliqué. Après avoir rasé les cheveux de la victime et Favoir baignée, on allait dans un bois sacré annoncer à la déesse Tari qu'on lui préparait un sacrifice. Suivaient trois jours de débauche, à laquelle la déesse était censée eiciler. Le second jour, la mériahy convenablement ointe et ornée de fleurs, était liée à un poleau planté dans le bosquet des esprits. On l'adorait; on se disputait les objets qui lui avaient appartenu. Le matin du troisième jour, on déliait la viériah; il le fallait, mais pour l'empêcher de s'évader, on lui brisait les bras et les jambes ou on la narcotisait avec de l'opium. Puis, dans une allocution pieuse, le prêtre remerciait la déesse Tari de la disparition des tigres, de l'accroissement des troupeaux; il racontait la tradition du sacrifice, en exposait la nécessité, engageait la mériah à supporter patiemment son sori, puisqu'elle n'avait été achetée que pour cela. Ensuite il la blessait légèrement avec sa hache; c'était le signal : la foule se ruait alors sur la mériah et la mettait en pièces, mais sans toucher ni à la tête, ni aux inteslins. Le jour suivant, les ivstes étaient brûlés; les cendres, quand elles n'étaient pas jetées sur les champs, servaient à faire une pâle avec laquelle on barbouillait les parquets des maisons et les greniers. On gratifiait d'un taureau le père de la mériah ou la personne qui l'avait procurée. Un autre taureau était sacrifié et mangé^ Cela fait, la déesse Tari était parfaitement satisfaite et la fertilité du sol consolidée.
Dans certains districts, la mériah était brûlée à petit feu. On estimait, qu'il fallait lui faire verser autant de larmes que possible; car ces larmes obligeraient la déesse à faire tomber sur les champs une quantité de pluie proportionnelle. Quant