B. — LA RELIGION VÉDIQUE I. — LES RITES FCNÉRAUIES ET LA VIE FUTURE
Les populations védiques, celles qui, avant d'envahir rinde, s'établirent dans le Pays des sept rivières (Haptahindou), probablement sur les bouches de Tlndus, n'ont eu aucune communauté d'origine avec les débris de peuples dont nous venons de nous occuper; mais, quoiqu'un peu plus avancés en civilisation, ces Aryas étaient, au point de vue religieux, dans un état mental analogue, ainsi qu'il est facile de rétablir en s'appuyant sur le recueil beaucoup trop admiré de leurs hymnes, sur le Rig-Véda. Malheureusement ces hymnes pieux sont écrits en style tendu, exagéré, métaphorique et vague, de sorte que les renseignements pratiques, assez clairsemés, ne s'en laissent pas aisément extraire. En ce qui concerne spécialement les rites funéraires et la vie future, à peine trouve-t-on, dans ce poème si touffu, quelques versets intéressants à cojinaître. Certains passages se rapportent à l'usage de la crémation, qui semble pourtant à peu
LES UtLIGIONS DES ABORIGÈNES DE L'LNDE ET DES ARYAS VÉDIQUES. 390
près abandonnée : « 0 Agni, garde-loi de brûler, de consumer ce trépassé, nedéchiie pas sa peau ni son corps* ». D'autres versets parlent d'inhumation ou plulôt d'ensevelissement sous un tertre, un tumulusj et ils montrent que les Aryas védiques, à l'exemple de tant d'aulres peuples, craignaient beaucoup que le brutal contact de la terre ne froissât douloureusement les membres du mort : « Va trouver la terre, cette mère large et bonne, qui s'étend au loin. Toujours jeune, qu'elle soit douce, comme un tapis, pour celui qui a honoré les dieux..., qu'elle te protège... 0 Terre, soulèvetoi; ne blesse pas ses membres. Sois, pour lui, prévenante et douce. 0 Terre, couvre-le, comme une mère son enfant, d'un pan de ta robe. ». — « J'amasse la terre aulour de toi; je forme ce tertre pour que tes membres ne soient pas blessés....' » « Qu'un noir oiseau, que la fourmi, que le serpent ni la bête de proie ne touchent pas à ton corps' ».
Pour les Aryas védiques tout n'est pas fini à la mort. Le double subsiste; il s'en va visiter la contrée de Yama, dieu de la mort, ou le ciel, ou la terre au loin; mais on peut le ramener dans le monde des vivants : « Ton âme visile au loin le Ciel (t la Terre; nous la rappelons ici, à ta maison, à la vie*. » On a bien soin de placer l'ombre du défunt sous la spéciale protection des ancêtres, des Pitris (patres). Ces Pitris daignent, quand on les invoque, proléger les vivants, les morts et les doubles*.
Dans un hymne relativement récent on nous apprend quel est le sort réservé, après la mort, au double et au corps : « Que l'œil aille dans le soleil ; le souffle (respiratoire) dans Vàyou. Remets au ciel et à la terre ce que tu leur dois. Va