Ibid
défilé devant nous, et nous les avons toutes scrutées en nous, efforçant d*en dégager quelque vérité, quelque application utile, mais presque toujours sans succè$. Partout nous n'avons trouvé que des chimères, assez peu variées au fond, recouvrant ou motivant trop souvent des actes grossiers ou atroces.
Pour la première fois, nous rencontrons dans le Brahma-, nisme une idée qui a quelque valeur. Pourtant la religion des Aryens de l'Inde a débuté comme toutes li s autres ; le Védisme est purement animique, mais d'un animisme plus généralisé et qui, dans l'Inde, a pu, sans trop d'effort, devenir du Panthéisme, c'est-à-dire la subslitution aux innombrables doubles, que conçoivent les primitifs, d'un double unique, s'identifiant avec l'ensemble des êtres.
Ccst toujours une idée métaphysique; mais elle a de l'ampleur et, en remplaçant l'abstraction par la réalité, celle idée deviendrait aisément scientifique. — A la place de ce que la Ehahavad-Gîta appelle « Tldenlique », mettons la substance matérielle du monde, et alors la conception brahmanique est l'exacte expression de la réalité. En effet, l'univers est constitué par une masse atomique, éternelle et infinie, d'où émanent tous les êtres particuliers, dans le sein de laquelle ils rentrent tous, après un laps de temps plus ou moins long, sans que, malgré toutes ces transformations, un seul atome se puisse perdre ou créer. Dans ce système, les individus, les êtres particuliers sont comme les vagues d'un océan essentiellement immuable. — 11 suffirait au Brahmanisme de rejeter la croyance au double de l'Univers, Brahma, Siva ou Vichnou, pour devenir, sur ce point important, tout à fait scientifique.
Que la seule spéculation métaphysique ait pu atteindre une telle approximation de la vérité, c*est un fait tout à l'honneur des Aryens de l'tode. — Néanmoins le côté erroné
de leur conception a suffi pour lui 6ter toute valeur pratique, pour faire adopter une éthique antisociale et versant dans l'ascétisme. En eflet, au lieu d'utiliser pour le bien m, la brève existence de Thomme, le Brahmanisme ^ de la stériliser; à la place de l'activité féconde, il inaction voulue; ce qui lui semble le souverain bien, annihilation sous toutes ses formes, contraire, un exact concept du monde, un concept ur l'observation et l'expérience, nous enseigne que 1 consiste à agir, à aimer, à penser pour servir le s général : et cela sans autre récompense que la satisde n'avoir point passé inutilement dans la vie. Certes spective de l'annihilation finale n'a rien qui nous î; mais nous nous y résignons, étant trop sûrs que :hétive personnalité est condamnée à s'engloutir dans la ose impersonnalité de l'univers. — Telle est la loi ; elle xorable; il ne nous reste qu'à en atténuer la rigueur sant derrière nous, chacun suivant S3S aptitudes, des \ qui prolongeront un peu le souvenir de notre î existence tndividuelle.