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^ A. Wuttke. Geichichte .des Ileidenthums, H, 570.
moment où il commençait à marcher seul. Affolée d'amour maternel, la jeune femme, serrant conlre son sein le cadavre de son enfant, s'en allait de maison en maison, implorant de la compassion de ses amis un remède à son malheur. Un mendiant bouddhiste, pensant qu'elle ne comprenait pas la réalité, lui dit : « Chère femme, je n'ai pas le remède, que vous demandez; mais je crois connaître un homme qui le possède ». — « Oh! Indiquez-le-moi, ditKisâgotami. » — « Le Bouddha peut vous donner ce remède; allez le trouver. > Elle alla près de Gautama et, en lui rendant hommage, elle dit : « Seigneur et maître, connaissez-vous un remède qui puisse servir à mon enfant? » — « Oui, dit le Maître, j'en sais un. » La coutume était alors que les malades ou leui*s amis $e procurassent les herbes dont les docteurs avaient besoin; aussi Kisâgotami demanda-t-elle quelles étaient les herbes nécessaires. < Il ne faut que quelques graines de moutarde », lui fut-il répondu. Et, quand la pauvre femme eut promis avec empressement d'apporter bien vite une chose si commune, le Maître ajouta : « Mais il faut que ces gi*aines proviennent d'une maison où il ne soit mort ni un lils, ni un époux, ni un parent, ni un esclave ». ~ « Ti*ès bien », dit la jeune femme, et elle se mit en quête de ce qui lui était demandé, portant toujours avec elle son enfant mort. jiCs gens lui disaient : « Voilà de la graine de moutarde, prenez-en; » mais, quand elle demandait : « N'est-il pas mort un fils, un mari, un parent, un esclave dans la maison de mon ami? », on lui répondait : < Madame, que dites-vous donc? Le nombre des vivants est petit; celui des morts est immense. » Alors elle s'en allait dans d'autres maisons; mais l'un lui disait : « J'ai perdu un fils », un autre : « Nous avons perdu nos parents » ; un troisième : < J'ai perdu mon esclave i». A la fin, ne réussissant pas à trouver une seule maison où personne ne fût mort, la clarté se fit dans son esprit, et, énonçant à
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son dessein chimérique, elle abandonna le cadavre de son enfant et retourna rendre hommage au Bouddha, qui lui dit : < Avez- vous les graines de moutarde? » — c Mon seigneur, répondit-elle, je n'en ai pas. Les gens m*ont répondu, que petit était le nombre des vivants, immense celui des morts >. Alors le Maître lui exposa la partie essentielle de son système, savoir Tinstabilité de toute chose, si bien que les doutes de Kisâgotami étant dissipés, elle accepta son lot, devint une disciple et entra dans le premier sentier^ »
Autre trait de ressemblance avec l'Évangile, le langage du Bouddha et des saints du Bouddhisme est plein de métaphores mystiques et allégoriques : dans une parabole dite du Semeur, la foi est la semence, les bonnes œuvres la pluie fertilisante, la sagesse et la modestie sont la charrue et « mon esprit, dit le Bouddha, est la rêne qui guide ». Le birana^ le chiendent des champs de riz, c'est le désir, qui se cramponne à tout; la transmigration, c'est l'océan, etc., etc.V L'esprit de la religion bouddhique est donc, avant tout, moral et mystique; aussi, à s'en tenir aux enseignements mêmes du fondateur, devrait-on remplacer totalement le culte proprement dit par l'ascétisme. La plèbe des bouddhistes n'a pu entendre ainsi la doctrine; il lui fallait des dieux, des idoles, des cérémonies; mais ce Bouddhisme inintelligent est une adultération de la religion primitive.