‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 462 sur 555 · A. — LE POLYTHÉISME HELLÉNIQUE I. — LES RIT£S FUNÉRAIRES · texte numérisé non relu

A. — LE POLYTHÉISME HELLÉNIQUE I. — LES RIT£S FUNÉRAIRES

Comparé aux grandes religions de l'Inde, le polythéisme hellénique est une religion bien inférieure, puisqu'il se rattache directement à Tanimisme dit anthropiqucj à la création imaginaire de doubles anthropomorphiques, logés dans Tunivcrs ambiant et en personnifiant toutes les forces. Mais la race grecque, ayant été Tune des plus intelligentes de l'humanité, a su poétiser ces croyances essentiellement grossières; elle y a introduit des idées et surtout assez de grâce et de beauté non seulement pour satisfaire ses. goûls esthétiques, mais pour défrayer encore la poésie moderne de tous les pays civilisés. Cependant, pas plus que les autres, la race hellénique n*est parvenue en un moment indivisible au faite de son développement mythique. Comme les autres, elle a passé par un âge bestial, antéhistorique; les fouilles faites à Mycènes, Tyrinthe, etc., ont exhumé les restes indéniables d'un âge de la pierre taillée et polie et en même temps des idoles informes, attestant la très ancienne existence en Grèce, à l'aurore même de la phase historique, d'un fétichisme déjà anthropomorphique, et, en eflet, ce qui caractérise à toutes les époques le polythéisme grec, c'est l'exagération de l'anthropomorphisme. Mais, à part cette particularité, le polythéisme grec ne diffère pas essentiellement des religions de même ordre.

Les coutumes funéraires, par exemple, telles qu'on les trouve décrites dans V Iliade et VOdyssée^ attestent une mentalité sau' vage. On tient extrêmement à être pleuré, enseveli suivant les rites consacrés. Dans VOdyssée^ nous voyons l'ombre d'Elpénor supplier Ulysse, lui enjoindre même de lui faire des funérailles, s'il ne veut encourir la colère des dieux, et de le

brûler avec totdes ses armes ^ dont il tient évidemment à emporter les doubles dans le séjour des morts*. Dans VOdyssée encore, Ulysse, sur le point de faire naufrage, regrette vivement de n'avoir point été percé par les lances d'airain des Troyens, parce qu'alors il aurait eu de belles funérailles*.

A l'époque protohistorique, que nous peignent d'une manière si esthétique les poèmes d'Homère, la crémation était d*usage général au moins pour les gens de quelque importance, et l'on faisait aux doubles des morts des sacrifices analogues à ceux usités chez toutes les races inférieures. On pratiquait même encore des sacrifices humains, mais en ayant déjà des doutes sur la moralité de cette coutume : <i Et ils firent le bûcher de cent pieds sur toutes ses faces, et, sur son faite, ils déposèrent le cadavre de Patroklos. Puis ils égorgèrent et écorchèrent, devant le bûcher, une foule de brebis grasses et de bœufs aux pieds flexibles. Et le magnanime Akhilieus, couvrant tout le cadavre de leur graisse, de la tête aux pieds, entassa tout autour leurs chairs écorchées. Et, s'inclinant sur le lit funèbre, il y plaça des amphores de miel et d'huile. Puis il jeta sur le bûcher quatre chevaux aux beaux cous. Neuf chiens familiers mangeaient autour de sa table; il en prit deux, qu'il jeta dans le bûcher. Puis, accomplissant une mauvaise pensée, il égorga douze nobles enfants des Troyens magnanimes. Puis il mit le feu au bûcher afin qu'il fût consumé et il gémit, appelant son cher compagnon » '. Dans ces funérailles, tout est sauvage. On croit évidemment à l'existence posthume d'un double ayant tous les besoins du vivant. Si l'on brûle le cadavre, c'est sans doute pour en dégager l'ombre et à celte ombre on offre des doubles

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