Waitx. Anthropology, ¥ol. I, 3Ï
pieusement jusqu'à nos jours certaines de ces antiques coutumes cl, en 1781, aux funérailles d'un général de cavalerie inhumé à Trêves, le cheval du défunt fut encore égorgé et enterré avec son maître. L'usage de mener dans certains convois militaires le cheval du mort derrière la bière est dans divers pays d'Europe le dernier vestige de ces antiques mœurs*.
Pour les anciens Germains, la vie future était simplement calquée sur la vie terrestre. Comme la plupart des sauvages, les Germains avaient grand'peur des ombres, des doubles souvent animés d'intentions scélérates et dangereux surtout la nuit*.
Les Germains avaient déjà une certaine notion, mais assez confuse encore, d'une réiribution posthume. Les braves guerriers, les héros, s'en allaient après la mort dans le Valhally le palais d'Odin, muni de cinq cent quarante portes et peuplé d'une multitude d'ombres. Dans le Valhally on menait une joyeuse vie partagée entre de pantagruéliques festins, où l'on mangeait la chair du porc Sœkrimmery que l'on faisait cuire tous les joui*s et qui ressuscitait tous les soirs. Les Valkyries versaient aux convives de larges rasades d'hydromel et, une fois rassasiés, les hôtes du Valhall se réunissaient dans la cour du Valhallf où l'on se battait entre soi pour se distraire'. Tel était le sort des élus; celui des réprouvés était tout autre. Les maudits descendaient dans le neuvième monde inférieur*. Là, sur le rivage des morts, s'élève un palais construit avec des dos de serpents tressés. Les portes de ce palais sont tournées vers le nord ; des gouttes de venin tombent par les lucarnes et finissent par former des espèces de torrents léthifèrcs, dans lesquels marchent les doubles des
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