Valère Maxime, II, ch. vi
des lettres adressées aux parents décédés*; tant était profonde la foi en une autre vie, copie exacte de la vie terrestre !
J. César rapporte que les Gaulois croyaient descendre de Pluton (ab Dite paire), ainsi que l'enseignaient leurs druides; mais on sait que Thabitude des Romains était d'identifier tellement quellement les dieux étrangers avec les leurs. Pour cela les plus grossières analogies leur suffisaient. Le soidisant Pluton des Gaulois doit donc être l'un des Fomôré irlandais, dieux de la nuit et de la mort. Pour les Celtes, le pays des morts était situé, vers le sud-ouest, au delà de rOcéan. Sur le littoral septentrional de la Gaule, des marins conduisaient, la nuit, dans des barques surchargées par ces passagers pesants, quoique invisibles, les ombres des morts vers leur séjour posthume*. Ce pays des doubles s'appelait en Irlande « la Grande Plaine, la Plaine Agréable » ; c'était une contrée à la fois merveilleuse et délicieuse'; mais les ombres, qui l'habitaient, avaient la faculté de reparaître dans le monde des vivants, en s'y réincarnant*. Cette réincarnation était d'ailleurs à peu près dépourvue de valeur morale ; c'était un privilège accordé surtout aux braves, aux héros. On retrouve cette idée de réincarnation, de métempsycose, dans diverses légendes celtiques. Dans le pays de Galles, Taliésin raconte que jadis il a été aigle. On roi irlandais dTlster, Mongân, était identique à un personnage célèbre, Frind, mort deux siècles auparavant '. Mais, dans ces renaissances il n'y a pas la moindre idée de sanction morale après la mort. Sur ce point, les croyances celtiques sont donc restées très inférieures.
De même la mythologie proprement dite des Celtes ne s'élève pas au-dessus d'un animisme grossier. Dans les pays
i. Diodore, Y. 28.
2. D'Arbois de JubaioTille. Cycle mythologique irlandais, 261, 262.