II. — LES DIEUX DU MAZDÉISME
La mythologie du Mazdéisme se rattache directement auVédisme. Ainsi l'on trouve dans le Khorda-Avesta un hymne au soleil, qui semble copié dans le Rig-Véda : c Nous célébrons le Soleil immortel, étincelant, aux coursiers infatigables. Quand le Soleil brille dans le ciel, les Yazatas célestes accourent par centaines, par milliers, recueillent la lumière, la distribuent, la répandent sur la terre créée par Ahura-Mazda, etc. » — « Quiconque sacrifie au Soleil immortel, étincelant, aux chevaux rapides, afin de résister aux déms ténébreux, aux voleurs et aux brigands, etc., celui-là sacrifie à Ahura-Mazda, etc. »'. Ahura-Hazda, le dieu de la lumièi^, est, dans cet hymne, directement identifié avec l'astre solaire, * ' "mme Indra dans le Védisme; nous sommes
. Loc. cit. 364, 365.
VAvetta, 367.
ihèque orientale, II, 128.
donc en pleine aslrolàtrie mazdéenne. Mais le Mazdéisme descend bien plus bas, jusqu'à la zoolàtrie et même la phyfolâtrie : « Honneur à toi, taureau âacré! dit un hymne. Honneur à toi, taureau créé pur!... Honneur à toi, qui donnes la croissance! Honneur à toi, don du créateur à Thomme pur, non encore créé!' » H s'agit sans doute ici du taureau zodiacal, du taureau de Mithra; mais ce n'en est pas moins le reflet d'une zoolâtrie primitive et grossière. Enfin l'adoration de la plante sacrée, haôma, qui est manifeste^ ment le soma védique, rejette le Mazdéisme en plein animisme fétichique. Chez les Iraniens, comme chez les Aryas védiques, le haôma enivre les dieux; aussi a-t-on déifié cette plante sacrée en la doublant d'un génie puissant «t secourable, qui distribue la richesse et la vie*.
H est donc bien vraisemblable qu'avant la réforme attribuée à Zoroastre, la religion des Iraniens ressemblait très fort à celle des Aryas védiques. A partir de cetle réforme, elle devint nettement dualiste et reposa essentiellement sur l'opposition entre la lumière et les ténèbres, le bien et le mal, Ormuzd (Ahura-Mazda) et Ahriman (AurôMainyus), en résumé Dieu et le Diable.
Je ne saurais raconter, ni même résumer ici la biographie, d'ailleurs toute légendaire, de Zoroastre. J'y noterai cependant que, dans sa jeunesse, le prophète se retira au désert, où il vécut en ermite, dans une grotte; qu'en outre, depuis sa naissance jusqu'à sa trentième année, Zoroastre fut en butte aux attaques des démons. Ces esprits des ténèbres tentèrent de le poignarder, de le brûler, de l'empoisonner, et môme finirent par l'emporter dans un désert^.
Dans le système de Zoroastre, le monde se partage en deux