‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 543 sur 555 · IV. — LA MORALE CHRÉTIENNE · texte numérisé non relu

IV. — LA MORALE CHRÉTIENNE

i par l'excellence de sa morale que prétend surtout ►her le Christianisme; mais l'éthique chrétienne n'est is originale que les dogmes chrétiens, et elle est de plus 'itiquable. Les plus nobles préceptes du Christianisme implcment un écho des écrits bibliques, surtout des îtes. L'Exode veut qu'on ramène à son ennemi son bœuf àne égarés*. Le Lévitique prescrit d'aimer son prochain >chain israélite) comme soi-même*. Les prophètes ont

Hie, XXni, 4.

itiçue, XIX, 18.

exalté les bonnes œuvres et (enu en mince estime les pratiques (lu culte, les jeûnes et les sacrifices : Voici le jeûne que j'aime, dit Isaïe, c'est de « rompre les liens de méchanceté, délier les cordes du joug, renvoyer libres les foules et briser toute servitude, partager ton pain avec l'aflamé, recevoir chez toi les malheureux vaguant çà et là, voir l'homme nu et ne point fuir sa chair, mais le couvrir* ».

D'autres versels prophétiques, que je ne puis citer ici, parlent dans le môme sens et avec la même véhémence. Jésus ne fit donc que les imiter en proclamant « que la miséricorde vaut mieux que le sacrifice' », en maudissant les hypocrites, « qui payent la dimc de Taneth et du cumin, et abandonnent la loi, la justice, la miséricorde et la foi », qui € passent leur boisson pour ne pas avaler un moucheron (comme les bouddhistes) et avalent un chameau' », en parlant légèrement même de la rigoureuse observance du sabbat\ La banale maxime : « Faites aux hommes ce que vous voudriez qu'il vous soit fait" » provient, en dernière analyse, de l'idée du talion et n'est point particulière au Christianisme.

Cependant, en mettant les bonnes actions au-dessus des pratiques rituelles, Jésus a parlé avec plus de chaleur et de netteté que les prophètes : « C'est du cœur que partent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les fornications, les larcins, les faux témoignages, les blasphèines.... Ce sont là les choses qui rendent l'homme impur; mais de manger sans avoir lavé ses mains, ce n'est point ce qui rend l'homme impur*. » La prescription de laisser ignorer à la main gauche l'aumdne que fait la main droite est aussi

i. Isaïe, LXni, 1, 11 (Trad. Lediain).

Page 1