‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 544 sur 555 · Ibid. XV · texte numérisé non relu

Ibid. XV

554 L*ÉYOLUTIO?ï RELIGIEUSE.

d'une grande délicatesse*. A mettre sur la même ligne le mépris de l'argent', de la richesse et des riches, rinjonclion énergique de tout sacrifier, père, mère, femme, etc., même sa propre vie, à ce qu'on croit ôlro la vérité'. En résumé, l'Évangile, il serait injusie de le nier, a exprimé sous une forme pittoresque et frappante quelques nobles sentiments, qui moralement ont fait vivre le Christianisme, mais ont été rare- ment pris au pied de la Ictire et ont fini pqr devenir des lieux communs généreux, ayant néanmoins à ce titre exercé une utile influence sur la moralité publique.

Mais à côté de ces préceptes relevés, combien d'autres sont nettement antisociaux! Tout d'abord l'amour de Dieu est proclamé l'obligation par excellence; Tamour du prochain ne vient qu'en second lieu*. Tout péché est remis aux hommes, sauf un péché clérical, « le blasphème contre le Saint-Esprit »". La morale religieuse prend nettement le pas sur la morale laïque et utilitaire. De ce mépris de la réalité est même née la glorification de l'abstinence sexuelle. Contrairement au précepte biblique, « Croissez et multipliez », Jésus ne s'est point marié; bien plus, il a imposé le célibat à ses disciples et exalté le mérite de la continence absolue : a 11 y a des eunuques, qui sont sortis tels du sein de leur mère; il y en a qui se sont faits eux-mêmes eunuques pour le royaume des cieux* ». 11 est vrai, et c'est une circonstance atténuante, que le fondateur du Christianisme se croyait à la veille du Jugement dernier : « Cette race, dit-il, ne se passera pas avant que ces choses soient accomplies' ». En dépit de toute ferveur religieuse, quand un précopte est absolument contraire aux lois

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