Ferrière. Lea Apôtres
6. Lecky. HiU. of Europ. MoraU, II, 1i. — J. Yinson. Religionê actuelles, 402; 403.
556 L'ÉVOLUTION RBLïGIEUSE.
prêchant rhumililé quand même, la passivité, en transportant l'idéal humain dans un ciel chimérique, il a énervé les caractères et laissé le champ libre à tous les despotismes.
Mais le grand méfait du Christianisme, celui qu'on ne saurait lui pardonner, a été sa sauvage intolérance. Le joug sanglant, que la religion de Jésus a fait peser sur l'élite de rhumanité, sans être directement prescrit dans l'Évangile, y existe pourtant en germe dans les versets où le messie chrétien proclame qu'il est venu diviser et non pas unir, séparer l'homme d'avec son père, la fille d*avec sa mère, apporter non la paix, mais répée\ Les préceptes une fois posés, des fanatiques se sont chargés d'en tirer les conséquences pratiques. Dès qu'il cessa d'être persécuté, le Christianisme devint violemment persécuteur. Théodose prohiba les cultes dissidents, et toute idée nouvelle fut dès lors considérée comme une ennemie. L'esprit du moine Cyrille se ruant sur Uypathie avec la populace d'Alexandrie a été, dès l'origine, l'esprit de l'Église. Pendant un millier d'années, penser a été un crime et l'Inquisition n'a fait que marquer le terme dernier de la fureur cléricale. Au nom d'une religion dite de paix et d'amour on a emprisonné, torturé, brûlé. Sous le seul règne de Charles-Quint, d'après Grolius, cent mille hérétiques ont été exterminés dans les Pays-Bas par la main du bourreau*. D'après un calcul très modéré, Llorente évalue au chiffre de 341 021 le nombre des malheureux rigoureusement pénitenciés ou brûlés, soit réellement, soit en effigie, par la très sainte Inquisition, rien que dans l'Espagne continentale'. Le même écrivain estime que cinq cent mille familles ont été ainsi détruites.
Mais les conséquences de ces horreurs vont bien au delà des