Ibid. XXIV
physiologiques, rhumanifé prise en masse ne saurait lui obéir; néanmoins l'effort fiul par le Christianisme pour fuir les œuvres de chair, môme dans le mariage, a sûrement clé plus nuisible à l'humanité que la guerre et la peste.
La glorification de la passivité, de Thumilité quand même, de Toisivelé, font aussi du Christianisme une religion incompatible avec le maintien d'une société quelconque. Il faut, dit l'Evangile, s'humilier, se rendre petit comme un enfant^ ; réjouissez-vous, si vous êtes maudit et persécuté'; ne résistez point au mal que l'on veut vous faire; présentez la joue gauche, quand la droite a été soufflelée'; ne vous mettez point en peine du vêtement et de la nourriture; imitez en cela la vie (apparente) des oiseaux du ciel et du lis des champsV Aucune société, pas même une petite société monastique, vivant en parasite dans un couvent, ne saurait s'accommoder de telles maximes ; aussi les chrétiens en général n'y ont-ils jamais conformé leur conduite et le grand apôtre des gentils, celui qui a commencé à répandre le Christianisme dans le monde romain, saint Paul, n'a jamais parlé du Sermon sur la montagne; il semble ne pas Tavoir connu^
L'histoire, elle, nous apprend ce qu'a été pratiquement la morale des chrétiens. Au dire des Pères de l'Église eux-mêmes, les deux siècles qui ont suivi la convci'sion de Constantin ont été une période de vice scandaleux et général •. Quant à l'immoralité de notre époque historique de foi aveugle, de notre Moyen âge, elle nous est trop connue. Le Christianisme n'a donc point réussi à moraliser ces « œuvres de chair », qu'il avait eu la folle prétention d'éteindre. En outre, en
i. MatUiieu, XVHI, 4.