H. Spencer. Sociologie, 1, 27i
46 L'ÉVOLUTION RBLIGIBUSE.
L'animisme des Vitîens est donc des plus grossiers; il est aussi des plus étendus, car il ne fait aucune différence enti^e les hommes, les animaux, les plantes et les objets inoi^niques. En effet, dans Tunivers vitien, tout a son double. Â la mort d'une plante ou d'un animal, leur double se rend immédiatement dans le Boloiou. Les porcs, les yams vont aussi dans le Bolotou, tout comme les hommes. En détruisant ou brisant les objets inorganiques, quels qu'ils soient, on Lue ces objets et ils se dédoublent à Tinstant. Quand une hache ou un ciseau sont usés, hors de service, ou les brise et leurs doubles partent à Tinstant pour le Viti d'oulre-tombe; il en est de même pour une maison, que l'on abat ou qui est détruiteS etc. On peut donc dire que les Yitiens sont doués, à leur manière, d'un grand fonds de religion, aussi ont ils des sorciers qui même méritent déjà le nom de prêtres, tandis que le sacerdoce est encore inconnu à la Nouvelle-Guinée ^ Les indigènes des iies Arou el Kei ont déjà des pratiques de magie; ainsi avec des feuilles de pandanusj ils savent fabriquer des charmes pour retrouver les objets perdus^; mais les Vitiens ont des sorciers, capables d'invoquer les dieux de manière à se les incorporer, à en être possédés et à parler alors en leur nom, pendant un accès extatique*. Chaque village vitien avait ainsi ses sorciers-prêtres, servant d'intermédiaires entre les dieux et les mortels, transmettant aux premiers les demandes des derniers et recevant communication des volontés divines.
Les dieux viliens ont déjà des maisons qui leur sont consacrées, des temples rudimentaires. Comme ce sont des dieux anthropomorphiques, on leur offre des cochons et des