Ihid. I
L'ANDIISME EN MÉULNÉSIB. 45
cela nous explique en même temps pourquoi, chez nombre de peuples mélanésiens, on évite soigneusement de prononcer le nom des décédés ; c*est qu'en le faisant, on pourrait les ramener sur la terre, les évoquer et on en a ordinairement grand'peur^
Des deux esprits du Yitien décédé, Tun, Timage reflétée, reste auprès du lieu ou Thùmme a exhalé le dernier soupir. C*est à cet esprit, Adèle à son ancienne demeure, qu'on offre des armes, des instruments, un double artificiel. L'autre esprit, Tombre proprement dite, s'efforce de gagner le séjour des mânes, le BolQtouy mais le voyage au Bolotou est dangereux et accidenté. L'ombre doit d'abord gagner la pointe occidentale de Vanna-Levou et, durant ce voyage, il est important qu'elle tienne à la main l'âme, le double, d'une dent de cachalot; car cette dent doit devenir un arbre au sommet duquel l'ombre grimpe et se perche et où elle doit patiemment attendre la venue des ombres de ses femmes, que Ton a eu le soin pieux d'étrangler afin que leurs doubles fassent escorte à celui de leur époux et maitre. Sans toutes ces précautions, l'ombre du Yitien reste Irislement assise sur le promontoire fatal, jusqu'à l'arrivée de RavouyalOjdiiiu féroce qui la tue définitivement et sans remède'.
Une fois arrivée dans la paradisiaque Bolotou, où les ombres contiiment à vivre comme l'avaient fait leurs corps, l'accueil réservé à Tombre nouvelle-venue diflêre suivant ses mérites. Pour être bien reçu dans le paradis vîtien, il faut avoir été, de son vivant, un grand tueur, pouvoir se vanter devant le peuple des ombres d'avoir abattu beaucoup de guerriers, détruit beaucoup de villages, enfin d'avoir mené une glorieuse existence'.
i. G. L. Bink. Loe, eii.
S. W. T. Prilchard, Polffnesian réminiscences, 365.