‹ L'évolution religieuse dans les diverses races humaines;Chapitre 63 sur 555 · VII. — l'évolution mythologique en MÉLANÊSIE · texte numérisé non relu

VII. — l'évolution mythologique en MÉLANÊSIE

Voilà terminée la première étape du long voyage que nous avons entrepris dans le domaine des mythes ; elle nous inspire déjà quelques réflexions. Aucun des divers groupes de la race mélanésienne n'est sorti de Tanimisme rudimentaire; pourtant on peut constater une certaine gradation, une évolution, dans les illusions mythiques. Les Yeddahs n'ont guère dépassé le respect fétichique de certains animaux et la croyance à la survie, sûrement fort courte, de leurs morts. Ces ombres, ces doubles, ces revenants, ils se les figurent avec la forme et les besoins qu'ils avaient de leur vivant.

L'imagination des Tasmaniens n'avait guère été plus féconde; mais déjà ils s'efl'orçaient de peser sur les décisions de leurs fantômes et avaient inventé dans ce but des procédés magiques. En cela les Australiens les ont imités, mais en variant davantage les pratiques; ils ont aussi imaginé quelques êtres mythiques ayant la forme humaine ou animale, mais n'étant plus seulement les ombres des trépassés. En même temps, les Australiens perfectionnaient, compliquaient leur magie et inventaient des charmes nombreux.

Chez les Papous, nous avons trouvé le même fonds mythopoiélique, mais en outre tout un panthéon de dieux plus abstraits et plus atroces: des crimes divinisés.

En somme tout cela est bien grossier, bien naïf, et, si l'on n'est pas aveuglé par un parti pris très enraciné, il est tout à fait impossible d'y découvrir aucun caractère de mentalité supérieure. Ces conceptions soi-disant religieuses dénotent au contraire une extrême débilité de l'intelligence et de la raison; la sublimité n'y brille que par son absence. Mais, toutes grossières qu'elles soient, ces illusions enfantines exercent déjà une influence des plus nuisibles. L'imagination

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des pauvres êtres, qui les ont conçues, est hantée de folles terreurs, qui aggravent beaucoup les conditions d'une existence déjà affreuse. Enfin ces erreurs ont des conséquences sociales terribles, puisqu'elles suscitent incessamment des vengeances atroces et inspirent déjà ces sacrifices humains, dont, chez les Papous, chaque décès est l'occasion, sans parler des mutilations ou blessures funéraires, que les survivants se croient obligés de s'infliger.

Ces mœurs horribles, dont certainement l'humanité n'a pas lieu de s'enorgueillir, nous les verrons, avec des variantes, établies chez toutes les populations primitives et notamment dans l'Afrique nègre.

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