I. — LES BOCtlIMAISS ET LES HOTTENTOTS
précédent chapitre, j'ai pu esquissera grands traits ices et pratiques religieuses des Papous, des nègres ns, qui, tout en étant disséminés sur de nombreux ne forment en définitive qu'une même race d'imporndaire dans l'humanité. La race ou plutôt les races ifrique constituent un rameau beaucoup plus coniu genre humain et nécessitent une plus longue as ce chapitre, je parlerai seulement des noirs et
négroïdes de l'Afrique australe, des Bochîmans, des Hottentots, et des Cafres, c'est-à-dire de populations chez qui rinstinct, le sentiment dit religieux est au minimum.
On sait que les Bochimans nous représentent les Hottentots primitifs et figurent parmi les types les plus inférieurs du genre humain. Le souci religieux ne les tourmente guère; pourtant ils ont quelques-unes des croyances animiques, que l'on appelle communément religieuses, et dont certaines poun^aient bien provenir de leurs frères ennemis, les Hottentots. Un chef, car leurs hordes nomades ont déjà des chefs, un chef bochiman nommé Makoun déclarait nettement ne pas croire à une autre vie; mais il n'en est pas de même de ses congénères, qui enterrent leurs morts avec leurs arcs et leurs flèches et espèrent, dit-on, revivre dans une contrée giboyeuse*. Prenons acte de cette illusion, si commune aux hommes primitifs, et dont j'ai précédemment indiqué la genèse. Les Bochimans admettraient aussi l'existence de certains esprits, les uns mâles, les auti^s femelles, qui sont probablement les ombres de leurs défunts notables, qui peuvent aussi être tout simplement des emprunts faits aux Holtentots\ Quoi qu'il en soit, une coutume en vigueur chez les pauvres Bochimans atteste assez clairement leur croyance en l'existence d'êtres invisibles et malveillants; j'entends parler de leur usage de se désarticuler une phalange du petit doigt. Un vieillard, ainsi mutilé, disait au voyageur Thompson que sa mère lui avait fait subir cette opération aussitôt après sa naissance, pour le préserver du malheureux sort de ses frères et sœurs nés avant lui et tous morts en très bas-âge'. Les pratiques de ce genre sont fort communes dans l'humanité primitive, et toujours ce sont des sacrifices faits dans le